Appels à la réconciliation

George Mitchell et Mahmoud Abbas George Mitchell et Mahmoud Abbas   © AFP/Leon Neal

L'émissaire du président américain Barack Obama au Proche-Orient, George Mitchell, s'est rendu jeudi à Ramallah, en Cisjordanie, pour rencontrer le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Tandis que l'émissaire du président Obama au Proche-Orient, George Mitchell, tente de convaincre Israéliens et Palestiniens de conclure un cessez-le-feu « viable et durable », le Hamas tend la main au Fatah.

Il a réitéré qu'il était crucial de parvenir à un « cessez-le-feu viable et durable » dans la bande de Gaza. Ces déclarations surviennent alors que de nouvelles violences sont rapportées dans la bande de Gaza.

Comme il l'a fait la veille à Jérusalem, au terme d'une rencontre avec les dirigeants israéliens, M. Mitchell a répété qu'un arrêt des hostilités devait s'appuyer sur la fin de la contrebande d'armes dans la bande de Gaza et une réouverture des points de passage entre l'État hébreu et l'enclave palestinienne.

Le président Obama, répète-t-il depuis le début de sa tournée régionale, est résolument engagé dans la recherche d'une solution permettant à deux États de vivre « côte à côte dans la paix et la sécurité ». Dans une courte déclaration officielle faite depuis Jérusalem, mercredi, M. Mitchell avait aussi dit que les États-Unis garantissaient la sécurité d'Israël et son droit à se défendre.

« Pour empêcher la contrebande d'armes vers Gaza, il faudra mettre en place un mécanisme permettant l'acheminement de marchandises à Gaza et cela devra se faire avec la participation de l'Autorité palestinienne », a déclaré George Mitchell au terme de sa rencontre avec M. Abbas.

M. Mitchell évite soigneusement, en public à tout le moins, de faire toute référence au Hamas, une organisation considérée comme terroriste par le gouvernement américain.

Le Hamas tend la main au Fatah

Par ailleurs, Ismaïl Haniyeh, le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, a appelé à la réconciliation entre son mouvement et le Fatah de Mahmoud Abbas.

Dans sa première déclaration publique depuis l'annonce d'un cessez-le-feu avec Israël, le 18 janvier dernier, il a aussi dit espérer une amélioration des relations entre les États-Unis de Barack Obama et le monde musulman.

Le mouvement islamiste est au pouvoir depuis juin 2007 dans la bande de Gaza, au terme d'affrontements meurtriers avec les forces de sécurité du Fatah, mouvement laïque dont est issu Mahmoud Abbas. Craignant pour sa vie, le premier ministre du Hamas est entré dans la clandestinité avant le début des bombardements amorcés le 27 décembre dernier.

Israël réitère ses conditions

Le gouvernement israélien a répété mercredi qu'il n'acceptera un cessez-le-feu durable qu'à deux conditions: un arrêt complet des tirs de roquettes sur Israël en provenance de la bande de Gaza, et la fin de la contrebande d'armes dans la bande de Gaza.

Des sources israéliennes indiquent que M. Olmert a signifié à l'émissaire américain que la réouverture permanente des points de passage ne pourrait se faire avant que le soldat Gilad Shalit, capturé en 2006, n'ait été libéré. Le Hamas a déjà fait savoir dans le passé que la libération du soldat Shalit était conditionnelle à la libération de Palestiniens détenus en Israël.

Les États-Unis veulent que la réouverture des points de passage s'effectue dans le respect d'une entente conclue en 2005, selon laquelle des forces de sécurité du Fatah doivent être responsables de la sécurité du côté palestinien des points de passage entre Israël et la bande de Gaza. Le fait que le Hamas et le Fatah soient à couteaux tirés rend la mise en oeuvre de ce plan impossible pour le moment.

Pour l'heure, les cessez-le-feu distincts décrétés par Israël et le Hamas le 18 janvier continuent de s'effriter. Au moins deux roquettes en provenance de la bande de Gaza se sont abattues sur Israël, jeudi, sans faire de dégâts, tandis qu'Israël y est allé d'une nouvelle frappe aérienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Cette dernière attaque a blessé un motocycliste qui, selon Israël, a participé à l'attaque perpétrée contre une patrouille israélienne, mardi. Plusieurs enfants ont aussi été blessés dans cette attaque.

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