Un premier oui au plan Obama

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Washington Post, Politico, Time et CNN
Le Capitole, qui abrite notamment le Sénat   © Mandel NGAN

Aux États-Unis, la Chambre des représentants a approuvé mercredi soir le plan de relance économique de 819 milliards de dollars du président Barack Obama.

La Chambre des représentants approuve le plan de relance de 819 milliards de dollars préconisé par le nouveau président. Tous les républicains, ainsi que 11 démocrates, ont cependant voté contre.

Les démocrates, majoritaires, ont remporté ce vote important avec 244 voix contre 188. Tous les républicains se sont opposés à l'adoption du plan, ainsi que 11 démocrates, un fait que certains analystes n'ont pas manqué de souligner.

Le président Obama avait lui-même mené des négociations avec les républicains au Congrès, mardi, pour tenter de faire de ce plan un effort bipartite pour relancer l'économie. Les républicains ont plutôt tenté mercredi de faire adopter un amendement pour que le plan comprenne plus de baisses d'impôt et moins de dépenses gouvernementales.

Cela n'a pas semblé plaire au président, surtout que le menu des prochains mois s'annonce chargé au Congrès.

« Ce que nous ne pouvons pas faire, c'est traîner les pieds et permettre que les mêmes divergences partisanes se mettent en travers de notre route. » — Barack Obama

Le Sénat, dont l'approbation est également requise, n'entreprendra pas le débat sur le projet de loi avant vendredi, et le vote final à ce sujet n'est pas prévu avant la semaine prochaine. Le projet de loi a toutefois reçu mardi l'assentiment des principales commissions sénatoriales chargées d'étudier les aspects qui les concernent. Les démocrates ont besoin de 60 votes de sénateurs pour que le plan soit adopté, ce qui veut dire qu'au moins deux républicains devront se rallier à la majorité démocrate.

Comme le Sénat a sa propre version du texte de loi, les deux chambres devront par la suite s'entendre sur un texte de compromis, avant de le soumettre au président. « J'espère que nous pourrons continuer à renforcer ce plan avant qu'il n'arrive sur mon bureau », a déclaré Barack Obama.

De grands chantiers

La proposition du président Obama consacre 212 milliards de dollars à des baisses d'impôts et 607 milliards à différents projets, dont des travaux d'infrastructures, notamment dans les écoles, des mesures destinées à développer la filière des énergies renouvelables ainsi qu'une bonification du programme d'assurance-chômage et du programme Medicaid, destiné à assurer une couverture médicale aux plus pauvres.

Selon ce que rapportent les médias américains, le président a accepté d'abandonner certaines dispositions du projet, mais en a farouchement défendu d'autres, durant ses rencontres de mardi avec les représentants et sénateurs républicains.

Le Washington Post rapporte que le président aurait par exemple accepté de laisser tomber un programme de 335 millions de dollars qui devait permettre aux États d'utiliser des fonds fédéraux pour rembourser des moyens de contraception. Il a toutefois défendu bec et ongles une mesure en vertu de laquelle les Américains qui ne paient pas d'impôt sur le revenu pourront, eux aussi, recevoir une somme de 500 $ que les autres recevront en crédit d'impôt.

À ce sujet, le président Obama, fort de la popularité dont il jouit, aurait lancé aux républicains: « Sentez-vous libres de me taper sur la tête, parce que je ne ferai probablement pas de compromis là-dessus. Je vous regarderai sur Fox News et je me sentirai mal », aurait-il déclaré candidement, selon un participant à la rencontre cité par le grand quotidien américain.

Trop de dépenses, pas assez de baisses d'impôt

Malgré cette rencontre avec le président Obama, les républicains de la Chambre des représentants estiment que son projet de loi contient trop peu de baisses d'impôt, mais aussi trop de dépenses qui ne contribueront qu'à alourdir le fardeau de la dette américaine, déjà considérable. Les républicains avaient déjà fait savoir que 40 % de la somme inscrite au plan devrait aller à des baisses d'impôt, plutôt que 33 %, comme c'est le cas actuellement.

Le chef de la minorité républicaine à la Chambre, John Boehner, a déclaré mercredi sur les ondes d'ABC News que l'opposition de représentants républicains n'est pas construite sur leur seule volonté de baisser davantage les impôts. « Ce qui nous inquiète, c'est que certaines dépenses dans le projet de loi n'ont rien à voir avec la création ou le maintien d'emplois. Le projet de loi contient trop de dépenses, trop d'argent gaspillé, et enterre nos enfants et nos petits-enfants sous une montagne de dettes. »

Les sénateurs républicains, qui sont en nombre suffisant pour retarder quelque peu l'adoption du plan, tentent également de modifier certains aspects du projet de loi. Selon Politico, ils ont par exemple réussi à faire passer de 2,6 milliards à 600 millions la somme destinée à renouveler le parc automobile du gouvernement fédéral, de manière à ce qu'il soit moins énergivore.

Entre ses deux rencontres avec les républicains du Congrès, le président Obama a déclaré à la presse que le projet de loi n'était qu'une première phase d'un plan plus vaste. « Nous devrons encore améliorer la réglementation du secteur financier. Nous devons nous assurer que le crédit reprendra. Nous devrons nous pencher sur les actifs contaminés que plusieurs banques possèdent et qui empêchent la reprise du crédit. Nous devrons nous coordonner avec d'autres pays parce que nous avons un problème mondial. »

Selon une étude dévoilée lundi par le Bureau du budget du Congrès américain, une agence fédérale non partisane qui relève du Congrès, 64 % de la somme inscrite au projet du président Obama serait injectée dans l'économie américaine au cours des 19 prochains mois.

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