![]() Mise à jour le lundi 2 février 2009 à 16 h 06 HAE Les mutations d'un conflit (1948-2008)L'histoire de la bande de Gaza est d'abord celle d'une débâcle. Chassés par les combats qui opposent Arabes et Juifs entre 1947 et 1949, certains expulsés des territoires convoités par Israël, qui vient de proclamer son indépendance, des dizaines de milliers de Palestiniens trouvent refuge dans cette région côtière. Au terme des combats, les trois quarts de sa population sont composés de réfugiés. Le territoire qu'ils occupent est un fragment de ce qui devait être un État arabe palestinien selon un plan de partage onusien auquel, côté Arabe, on préféra la guerre. Il sera sous administration égyptienne jusqu'à la guerre des Six Jours, en 1967. La région passe alors dans le giron israélien - tout comme la Cisjordanie, gérée jusque-là par la Jordanie - non sans une âpre résistance de la part de ses habitants. Entre 1967 et 2005, 16 colonies de peuplement israéliennes sont établies à même la bande de Gaza, dont l'économie est intégrée à celle d'Israël. La moitié de la population palestinienne active y travaille.
La guerre des Six Jours pousse à une transformation radicale de la lutte palestinienne contre Israël. Défaits par l'armée israélienne, les pays arabes assistent à la montée d'une résistance palestinienne. Sous la direction de l'OLP de Yasser Arafat, chef du Fatah, elle mène des opérations à partir de Jordanie, mais aussi de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, où opèrent des cellules clandestines. Une nouvelle défaite des armées arabes en 1973, lors de l'offensive du Kippour, marque un point de non-retour. Désormais, la lutte palestinienne passera par l'OLP.
Il faudra, à partir de ce moment, plus d'une vingtaine d'années pour que ce pouvoir en exil puisse s'installer sur le territoire qu'il aspire à diriger. Les accords d'Oslo, qui devaient ouvrir la voie à la création d'un État indépendant palestinien composé de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, aux côtés d'Israël, permettent à Yasser Arafat de s'installer à Gaza le 1er juillet 1994, à la tête de l'Autorité palestinienne. Mais l'arrangement permanent, qui devait donner forme à cet État, ne sera jamais conclu. L'échec des négociations de Camp David, en 2000, sonne le glas du monopole de l'OLP sur le destin palestinien. Le Fatah, qui prend la tête de la révolte qui s'ensuit, appelée seconde Intifada (2000-2004), s'enlisera dans la lutte et se verra peu ou prou confiné à l'impuissance par la force de frappe d'Israël. En août-septembre 2005, coup de théâtre: Israël décide unilatéralement de démanteler toutes ses colonies dans la bande de Gaza et d'en retirer ses troupes. Le Hamas n'aura jamais autant eu les coudées franches. Fil international en continuMis à jour il y a 48 minutesCorrespondants à l'étranger
À ne pas manquer
En profondeur
|