Obama veut relancer la diplomatie

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Barack Obama et la secrétaire d'État Hillary Clinton Barack Obama et la secrétaire d'État Hillary Clinton   © AFP/Saul Loeb

Le nouveau président américain a commenté publiquement pour la première fois depuis son investiture la situation au Proche-Orient.

Tout en disant que les États-Unis défendront toujours le droit d'Israël à se défendre, le président américain assure qu'il fera tous les efforts nécessaires pour assurer la paix dans la région.

Jeudi, Barack Obama a affirmé que son administration allait s'engager activement afin de tenter de trouver une issue pacifique au conflit au Proche-Orient et d'instaurer une paix durable entre Israéliens et Palestiniens.

Barack Obama a demandé à Israël et au Hamas de prendre les mesures nécessaires pour s'assurer du maintien du cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Il a appelé le Hamas à mettre fin aux tirs de roquettes sur le territoire israélien et Israël à achever le retrait de ses troupes du territoire palestinien. Barack Obama aurait toutefois indiqué, rapporte AP, que les États-Unis défendront toujours le droit d'Israël à se défendre.

Le 44e président américain a aussi demandé l'ouverture des frontières et des points de passage vers la bande de Gaza afin de permettre l'acheminement de l'aide internationale, sous une surveillance « appropriée ».

« Les points de passage de Gaza devraient être ouverts pour permettre l'acheminement de l'aide internationale et les échanges commerciaux, avec les observateurs appropriés et la participation de l'Autorité palestinienne et de la communauté internationale. Les secours devraient pouvoir atteindre les Palestiniens innocents qui en dépendent », a-t-il déclaré.

M. Obama a indiqué être « profondément préoccupé » par la mort de Palestiniens et d'Israéliens et par les souffrances de la population dans la bande de Gaza.

Deux émissaires pour des régions sensibles

Barack Obama a fait ces déclarations à la suite d'une visite au département d'État en compagnie de la nouvelle secrétaire d'État, Hillary Clinton. M. Obama a profité de l'occasion pour donner une indication de l'importance qu'il entend donner à la diplomatie dans son administration.

À sa deuxième journée à la Maison-Blanche, le président a en effet nommé deux émissaires spéciaux, l'un pour le Proche-Orient et l'autre pour l'Afghanistan et le Pakistan.

George Mitchell, nouvel émissaire des États-Unis pour le Proche-Orient George Mitchell, nouvel émissaire des États-Unis pour le Proche-Orient   © Saul Loeb

L'ancien sénateur George Mitchell sera envoyé spécial pour le Proche-Orient. M. Mitchell, 75 ans, a été très actif sur plusieurs fronts diplomatiques. Ses efforts de médiation en Irlande du Nord ont mené aux accords du Vendredi Saint, en 1998.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat de 1989 à 1995 a également présidé une commission chargée par l'ex-président Bill Clinton de définir les moyens de mettre fin aux violences entre Israéliens et Palestiniens. Son rapport, rendu public en 2001, après le départ de Bill Clinton de la Maison-Blanche, recommandait un gel des colonies israéliennes en Cisjordanie et appelait l'Autorité palestinienne à réprimer le terrorisme.

Peu après l'annonce de sa nomination, M. Mitchell a affirmé qu'il allait déployer tous les efforts pour apporter la paix et la stabilité au Proche-Orient. Il a précisé que son expérience en Irlande du Nord lui avait appris qu'un vieux conflit pouvait toujours être réglé.

Le président américain a précisé que George Mitchell se rendra dans la région le « plus rapidement possible ».

Pour sa part, l'ancien ambassadeur américain aux Nations Unies, Richard Holbrooke, sera émissaire des États-Unis pour l'Afghanistan et le Pakistan. M. Holbrooke, 67 ans, a été représentant permanent des États-Unis à l'ONU de 1999 à 2001. Il fut l'un des principaux acteurs des négociations qui conduisirent aux accords de Dayton, novembre 1995, qui mirent fin à la guerre de Bosnie, en ex-Yougoslavie.

Le président a d'ailleurs dressé un portrait plutôt sombre de la situation en Afghanistan, déclarant qu'elle était « périlleuse » et qu'il « faudra du temps pour faire des progrès ».

« La violence connaît un accroissement spectaculaire en Afghanistan. Une insurrection mortelle a pris racine, le trafic de l'opium est de très loin le plus important au monde, le gouvernement afghan s'est montré incapable d'assurer les services de base et Al-Qaïda et les talibans frappent à partir de bases dans des zones tribales difficiles d'accès le long de la frontière pakistanaise », a-t-il ajouté.

M. Obama a par ailleurs affirmé que les militaires sur le terrain auraient toutes les ressources nécessaires pour mener à bien leur mission.

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