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Obama se prépare à fermer Guantanamo

Mise à jour le mercredi 21 janvier 2009 à 18 h 43

Militaires américains à Guantanamo

Le président des États-Unis, Barack Obama, prévoit la fermeture de la prison de Guantanamo d'ici un an, selon un projet de décret mis en ligne par l'Union des libertés civiles américaines (ACLU).

Le centre de détention de Guantanamo « doit être fermé dès que possible, et pas plus tard qu'un an après la date d'émission de ce décret », indique le document daté du « xx janvier 2009 ». Une source de la Maison-Blanche a indiqué que M. Obama signera ce décret jeudi.

« Des dispositions rapides et justes pour les détenus de Guantanamo doivent précéder la fermeture de la prison », peut-on encore lire dans le projet de décret. Ainsi, les détenus seront placés sous la protection des Conventions de Genève des prisonniers de guerre, ce dont l'ex-président George W. Bush les avait privés.

Le projet de décret annonce aussi « un réexamen rapide et méticuleux des faits et fondements juridiques » de la détention de chacun des prisonniers, qui seront classés en trois groupes: ceux qui seront déclarés « libérables », ceux contre lesquels il sera possible d'entamer des poursuites judiciaires et ceux qui sont considérés comme dangereux mais ne rentrent pas dans les deux premières catégories.

Le président Obama avait promis que la fermeture de la prison de Guantanamo, qui compte actuellement 245 prisonniers, serait une de ses premières actions une fois à la Maison-Blanche. Mardi soir, il a demandé l'arrêt des procédures judiciaires devant les tribunaux d'exception pendant 120 jours. Ces tribunaux très controversés ont été créés par l'administration Bush en 2006.

Dossier Omar Khadr: Ottawa ne bouge pas

Plus tôt mercredi, le gouvernement conservateur a déclaré qu'il refusait d'intervenir auprès des États-Unis pour demander le rapatriement du jeune Canadien Omar Kadhr, le seul Occidental toujours détenu à Guantanamo.

Le bureau du premier ministre canadien, Stephen Harper, a dit attendre les décisions définitives de l'administration Obama. Il nuançait ainsi les propos de son propre ministre de la Défense, qui avait déclaré plus tôt dans la journée que le Canada allait devoir reconsidérer sa position dans le dossier du Torontois Omar Khadr après l'annonce de la suspension des procédures.

Kory Teneycke, porte-parole du premier ministre, a déclaré au réseau anglais de Radio-Canada que ce que le ministre Mackay voulait communiquer, « c'est que nous surveillons de très près ce qui se passe aux États-Unis et que nous allons réagir aux changements quand ils se produiront ».

M. Teneycke a aussi refusé de spéculer sur la possibilité que Khadr puisse faire face à la justice au Canada. « C'est exactement le genre de question hypothétique dans laquelle nous ne voulons pas nous engager pour le moment. » « Le fait que la situation puisse changer ne signifie pas qu'elle est déjà changée », a-t-il dit.

Mais avec l'annonce du projet de décret présidentiel américain, il semble bien que la situation évolue plus rapidement que le gouvernement conservateur ne l'a prévu. La pression est donc de plus en plus forte pour le gouvernement Harper réévalue sa position dans le dossier Khadr. En plus des groupes de défense des droits de la personne, les partis d'opposition à Ottawa demandent tous le rapatriement du jeune home maintenant âgé de 22 ans.

Le jeune Canadien, emprisonné depuis 2002, doit répondre à des accusations de crime de guerre devant un tribunal militaire américain, qui tenait justement des audiences préliminaires dans cette affaire avant l'annonce de la suspension des procédures. Les avocats militaires d'Omar Khadr auraient préféré un retrait pur et simple des accusations.

Une décision qui ne fait pas l'unanimité

Quatre des cinq accusés d'avoir organisé les attentats du 11 septembre ont exprimé quant à eux leur opposition à cette suspension des procédures et réclamé la poursuite de leur procès. Le plus célèbre d'entre eux, Khaled Sheikh Mohammed, l'ancien chef militaire d'Al-Qaïda, veut être condamné au plus vite et devenir de la sorte un martyr.

La décision de Barack Obama de suspendre les procédures a aussi mis en colère les familles de victimes des attentats du 11-Septembre. Ils en ont ras-le-bol de voir les présumés terroristes se moquer du système juridique américain.

Quant à l'opinion américaine, elle semble partagée sur la fermeture de la prison de Guantanamo. Selon un sondage réalisé avant l'investiture du président Barack Obama qui a été rendu public mercredi par la chaîne de télévision CNN, 51 % des personnes interrogées sont favorables à la fermeture de la prison installée sur la base militaire américaine à Cuba, mais 47 % s'y opposent.

Ce sondage a été réalisé par téléphone du 12 au 15 janvier auprès de 1245 adultes, avec une marge d'erreur de plus ou moins 3 points.

Parcours d'Omar Khadr

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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