Ban Ki-moon scandalisé

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Ban Ki-Moon à Gaza   © AFP/Olivier Laban-Mattei

Le secrétaire général des Nations unies demande des comptes à Israël, après avoir vu les bâtiments de l'ONU bombardés par l'armée israélienne lors de son offensive en territoire palestinien.

Alors qu'Israël accélère le retrait de ses forces de la bande de Gaza avec l'assermentation de Barack Obama, le secrétaire général de l'ONU visite l'enclave palestinienne ravagée par les bombes.

Ban Ki-moon s'est dit « choqué », « chaviré » et « scandalisé » par ce qu'il a vu à Gaza, mardi, après trois semaines de bombardement israélien. Ce dernier a fait ces déclarations tandis que de la fumée s'élevait encore des entrepôts de nourriture des Nations unies pour les réfugiés, frappés jeudi dernier par l'aviation israélienne.

Il a demandé une enquête approfondie à Israël, « une explication complète pour s'assurer que cela ne se reproduira plus jamais. [Les responsables] devront rendre des comptes devant des instances judiciaires. »

Plusieurs organisations israéliennes de défense des droits de la personne ont aussi demandé au procureur général d'enquêter sur la conduite de l'armée durant la guerre de Gaza.

Le secrétaire général de l'ONU s'est rendu mardi dans la bande de Gaza pour constater la situation qui règne dans l'enclave palestinienne où le cessez-le-feu avec Israël tient depuis dimanche.

Il est le plus haut dignitaire international à entrer dans la bande de Gaza au terme d'une offensive de 22 jours de l'armée israélienne contre le Hamas qui a laissé la région dans un état de destruction avancée.

Cette nouvelle offensive israélienne en territoire occupé a fait au moins 1300 morts, dont plus de 500 femmes et enfants, ainsi que 5300 blessés. Les Israéliens, de leur côté, déplorent la perte de 13 des leurs, y compris 10 soldats, dont certains tués par des tirs amis.

Selon le Hamas, les bombes israéliennes ont détruit 5000 maisons, 16 bâtiments gouvernementaux et 20 mosquées. Plus de 20 000 maisons ont aussi été endommagées, selon le mouvement palestinien.

Les infrastructures de la bande de Gaza, déjà dans un état précaire, sont désormais en ruines. Les premières estimations se chiffrent à plus de 1,9 milliard de dollars américains.

Avant de se rendre à Gaza, Ban Ki-Moon s'était entretenu avec le premier ministre d'Israël, Ehoud Olmert. Les discussions ont porté sur le retrait total des soldats de Gaza et la réouverture des points de passage. Il s'est ensuite rendu à Sderot, dans le sud d'Israël, où les habitants subissent les tirs de roquettes du Hamas.

Il a dit que la guerre de Gaza était un « échec politique collectif » et qu'il partagerait ses observations avec Barack Obama, qui prêtait serment au même moment comme président des États-Unis.

Un char israélien à la frontière avec Gaza Un char israélien à la frontière avec Gaza   © AFP/Jack Guez

Les autorités israéliennes ont expliqué que les combattants du Hamas cachaient des munitions et des armes dans des mosquées et des zones civiles d'où ils procédaient également à des tirs de roquettes contre Israël.

Les autorités israéliennes continuent par ailleurs de restreindre l'accès à la bande de Gaza aux médias étrangers. Seuls de petits groupes de journalistes sont autorisés à pénétrer dans l'enclave palestinienne pour une durée de temps limitée. Cela attise les protestations de la presse dans le monde.

Un soldat en échange de l'ouverture des points de passage

Par ailleurs, la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a exigé la libération de Gilad Shalit, un soldat israélien détenu par le Hamas depuis juin 2006 en échange de la réouverture des points de passage entre la bande de Gaza et son territoire. Ces points de passage constituent des accès essentiels pour la survie économique et humanitaire des 1,5 millions de Palestiniens de la bande de Gaza.

« Les deux choses sont liées et ne peuvent pas être séparées. Aucun progrès ne pourra être réalisé concernant l'ouverture [des points de passage] avant que nous ne progressions sur ce qui est important pour nous: la libération de Gilad Shalit. [...] S'il y a quelque chose que le Hamas veut obtenir d'Israël, il y a quelqu'un que nous voulons récupérer et c'est Gilad Shalit », a déclaré Tzipi Livni mardi dans un communiqué.

Le Hamas réclame de son côté la libération de centaines de détenus palestiniens en Israël en échange du soldat.

La Ligue arabe dégage des fonds, mais pas de consensus

Des Palestiniens tentent de se frayer un chemin parmi les édifices en ruine à Jabaliya Des Palestiniens tentent de se frayer un chemin parmi les édifices en ruine, à Jabaliya   © AFP/Jerry Lampen

Pendant ce temps, au Koweït, les dirigeants de la Ligue arabe se sont entendus pour créer un fonds arabe de développement de 2 milliards de dollars dont une partie serait destinée à la reconstruction dans la bande de Gaza.

Au cours de la rencontre, les leaders arabes ont aussi approuvé le lancement d'une union douanière, l'an prochain, ainsi que la création d'un réseau électrique et d'un réseau de chemins de fer panarabes. Le sommet a par ailleurs été dominé par un vif débat sur l'offensive israélienne contre le Hamas, les pays arabes étant partagés sur l'appui à donner au mouvement islamiste palestinien.

Les ministres arabes des Affaires étrangères, qui se sont réunis en marge de ce sommet, n'ont pas réussi non plus mardi à s'entendre sur une déclaration commune sur le conflit dans la bande de Gaza.

Correspondants
à l’étranger

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    Audio -  Les Occidentaux durcissent le ton contre le régime syrien

  • Luc Chartrand
    Luc Chartrand

    Vidéo -  Présidentielles en Égypte : les candidats au second tour

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  Élections égyptiennes : les inquiétudes des coptes

Tous les correspondants

Facebook