Barack Obama a commenté certains des grands dossiers qui l'attendent à la Maison-Blanche, dans une entrevue devant être diffusée à la chaîne de télévision américaine ABC.
Le président élu affirme qu'il ne fermera pas Guantanamo dans les 100 premiers jours de son mandat, mais s'engage à tenir sa promesse. Il n'exclut pas des poursuites contre les auteurs d'abus dans la guerre contre le terrorisme.
Barack Obama lors de son entrevue à ABC
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AP/ABC
Le nouveau président américain, dont l'investiture est prévue le 20 janvier, a fait savoir qu'il ne fermera pas le camp de prisonniers de Guantanamo dans les 100 premiers jours de sa présidence, comme il l'avait déjà promis.
Il a toutefois réaffirmé sa promesse de clore l'installation controversée de cette prison sur le territoire cubain.
« C'est plus difficile que beaucoup de gens le pensent. [...] Je crois que cela va prendre un certain temps et nos équipes de juristes travaillent avec les responsables de la sécurité nationale, en ce moment même, pour arriver à savoir exactement ce que nous allons faire », a déclaré M. Obama.
La prison de Guantanamo est devenue le symbole le plus controversé de la guerre contre le terrorisme lancée par l'administration du président George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001.
Poursuites contre l'administration Bush?
Affirmant que nul n'est « au-dessus de la loi », Barack Obama n'a pas exclu de poursuivre en justice des responsables de l'administration Bush, qui auraient commis des abus dans la guerre contre le terrorisme.
« Nous sommes toujours en train d'évaluer la manière dont nous allons aborder tout ce qui concerne les interrogatoires, les détentions, etc. », a-t-il affirmé.
Un détenu de la prison de Guantanamo (archives)
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PC/Brennan Linsley
Tout en disant préférer aller de l'avant, plutôt que de se pencher sur le passé, celui qui deviendra le 44e président des États-Unis le 20 janvier a précisé que « cela ne veut pas dire que si quelqu'un a clairement violé la loi, il est au-dessus de la loi ».
Barack Obama a notamment critiqué le vice-président Dick Cheney, qui continue de défendre des méthodes d'interrogatoire, comme la simulation de noyade, considérées généralement comme des formes de torture.
« Le vice-président Dick Cheney, je crois, continue de défendre ce qu'il qualifie de méthodes ou procédures extraordinaires en matière d'interrogatoire, alors qu'à mon sens la simulation de noyade est de la torture ».
Des organisations de défense des droits de la personne exigent des poursuites judiciaires contre des responsables de l'administration Bush, qu'ils accusent d'avoir autorisé des détentions illégales ou de la torture de prisonniers soupçonnés d'activités terroristes.
Engagement immédiat au Proche-Orient
Prudent sur le conflit en cours dans la bande de Gaza, le président élu des États-Unis a néanmoins indiqué qu'il agirait dès son investiture, en mettant en place une équipe qui puisse s'engager immédiatement dans le processus de paix au Proche-Orient.
Cette équipe « s'adressera à toutes les parties prenantes. Elle travaillera à mettre sur pied une approche stratégique qui garantisse que les Israéliens et les Palestiniens puissent satisfaire leurs aspirations », a dit Barack Obama.
Il s'est refusé de prendre position pour le moment, laissant cette question à l'administration sortante du président Bush.
M. Obama a toutefois souligné qu'Israël avait le droit de défendre ses citoyens, comme il l'avait déclaré en juillet lors d'un voyage dans la région, en pleine campagne présidentielle.
« Je pense que l'un des principes fondateurs de tout pays et de devoir protéger ses citoyens », a-t-il dit.
L'Iran, un grand défi
Par ailleurs, Barack Obama a estimé que l'Iran serait « l'un des plus grands défis » de son administration.
Il a promis « une nouvelle approche basée sur le respect et sur une volonté de dialogue, mais aussi de la clarté sur ce que nous voulons exactement ».
« Nous préparons cela. Nous anticipons le fait que nous allons devoir agir rapidement dans cette zone », a expliqué M. Obama.
Il a également indiqué qu'il interpellerait l'Iran, qu'il accuse « d'exporter le terrorisme » à travers le mouvement palestinien Hamas et le Hezbollah libanais.