Le président français Nicolas Sarkozy accueille la ministre des Affaires étrangères d'Israël Tzipi Livni
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AFP/Stéphane De Sakutin
Tout en poursuivant ses frappes contre Gaza, qui ont fait jusque-là 400 morts, dont un haut responsable du Hamas, Isarël rejette la proposition française d'une trêve de 48 heures et nie l'existence d'une crise humanitaire dans le territoire palestinien.
« Le moment venu », Israël décidera d'arrêter ses opérations militaires contre le Hamas dans la bande de Gaza.
C'est ce qu'a déclaré jeudi, de passage à l'Élysée, la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, à l'issue d'un entretien avec le président français Nicolas Sarkozy, qui doit se rendre lundi au Proche-Orient pour tenter de faire avancer une solution au conflit israélo-palestinien.
« La décision que l'opération a rempli ses objectifs se fera selon les évaluations quotidiennes que nous menons », a déclaré à la presse la ministre, ajoutant que le gouvernement israélien devait être assuré que « le Hamas a compris qu'assez c'est assez ».
La chef de la diplomatie israélienne a aussi pris soin d'informer la presse qu'Israël rejetait la proposition française de procéder à un cessez-le-feu de 48 heures en vue de permettre « une action humanitaire immédiate » à Gaza.
Dans le même élan, elle a assuré que lors des opérations militaires, l'État hébreu « distingue la guerre contre le terrorisme, contre le Hamas, de la population civile ».
Du reste, Mme Livni a nié l'existence d'une crise humanitaire dans la bande de Gaza.
« Nous maintenons la situation humanitaire à Gaza exactement comme elle doit être », a-t-elle assuré, insistant ensuite sur le fait que, chaque jour, des centaines de camions traverseraient les points de contrôle, plus qu'avant la fin de la trêve.
De son côté, le président Sarkozy n'a pas semblé découragé par ce refus, qu'il a présenté comme une position officielle.
Un haut dirigeant du Hamas tué
L'armée israélienne poursuivait vendredi les bombardements sur la bande de Gaza par les airs et la mer. Ces nouveaux raids meurtriers portent à 400 le nombre de morts.
Nizar Rayan
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AFP/Mahmud Hams
Dans la nuit de jeudi à vendredi, de fortes explosions ont secoué Gaza, pendant qu'Israël prenait pour cible au moins trois édifices gouvernementaux, dont le Parlement palestinien. Selon les responsables hospitaliers, 25 blessés ont été évacués des immeubles avoisinants.
Dans le nord du territoire, l'un des dirigeants du Hamas, Nizar Rayan, a été tué dans le bombardement de son domicile. Lors de cette frappe, une femme de 35 ans a aussi été tuée, tandis que huit personnes ont été blessées. Nizar Rayyan était partisan d'une reprise des attentats-suicide contre Israël.
Selon les services d'urgence de Gaza, les raids meurtriers de la nuit dernière ont fait quatre nouvelles victimes et une quarantaine de blessés.
De son côté, le Hamas a lancé des roquettes de plus en plus profondément en territoire israélien, sans toutefois faire de victimes.
L'aviation israélienne a effectué des frappes dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans la bande de Gaza.
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AFP/Mohammed Abed
Le « gant de soie » d'Israël
Six jours après le début de l'offensive dans la bande de Gaza, le premier ministre Ehoud Olmert a affirmé jeudi qu'Israël ne souhaitait pas y mener « une guerre longue ».
« Nous voulons le calme, nous voulons que les habitants du sud d'Israël reviennent à une vie normale », a-t-il déclaré.
« Le Hamas est un fardeau pour nous, mais il l'est beaucoup plus pour le peuple palestinien », a-t-il dit, en accusant le Hamas d'être cause de « douleur » pour son peuple.
« Nous veillerons aux besoins humanitaires, à l'équipement médical et il n'y aura pas de pénurie alimentaire » dans la bande de Gaza, a assuré le premier ministre.
Deux visions s'affrontent
Mercredi, la réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à cette crise n'a pas réussi à dénouer l'impasse. Les 15 membres du Conseil ont étudié un projet de résolution porté par les pays de la Ligue arabe, qui condamnaient les attaques militaires israéliennes et demandaient un cessez-le-feu immédiat.
La résolution n'a cependant pas été adoptée. Les ambassadeurs de Grande-Bretagne et des États unis ont indiqué que ce texte, qui ne mentionne pas explicitement les tirs de roquettes du Hamas sur le territoire israélien, devrait être amendé pour avoir des chances d'être adopté.
Une nouvelle réunion du Conseil pourrait se tenir au cours des prochains jours.