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International Zimbabwe

Mugabe: « Le Zimbabwe m'appartient! »

Mise à jour le vendredi 19 décembre 2008 à 10 h 59

Robert Mugabe

Photo: AFP/Desmond Kwande

Robert Mugabe

« Le Zimbabwe m'appartient! »

C'est le message qu'a défendu le président zimbabwéen Robert Mugabe, vendredi, en réponse aux appels à sa démission de plus en plus nombreux des pays occidentaux et africains.

En effet, plusieurs dirigeants étrangers le tiennent responsable de l'effondrement économique du Zimbabwe, frappé par l'hyperinflation, le chômage de masse et des pénuries alimentaires auxquels s'ajoute désormais une épidémie meurtrière de choléra.

Vous ne m'intimiderez pas. Vous pouvez menacer de me décapiter, je crois ceci, et rien ne m'en fera démordre: le Zimbabwe nous appartient, il n'appartient pas aux Britanniques.

— Robert Mugabe

Au pouvoir depuis l'indépendance, en 1980, Robert Mugabe a défié les pays africains qui le poussent à quitter les rênes du pouvoir ou à accepter un gouvernement d'union avec son rival Morgan Tsvangirai, dont le parti a remporté les législatives de mars.

« Comment les dirigeants africains pourraient-ils renverser Robert Mugabe? », s'est-il interrogé dans le quotidien d'État The Herald. « Ce n'est pas chose facile. Je ne connais pas un seul pays d'Afrique qui aurait le courage de faire cela. »

L'idée d'une intervention militaire est effectivement rejetée par la plupart des États voisins, dont la puissante Afrique du Sud. De nombreux dirigeants africains restent réticents à affronter Mugabe, toujours considéré comme un héros de la décolonisation.

En revanche, le Botswana et le Kenya l'ont exhorté à quitter la tête du pays.

Le Danemark, la Finlande, l'Islande, la Norvège et la Suède ont d'ailleurs ajouté leur voix à celles des autres puissances en réclamant le départ de M. Mugabe, qu'ils disent responsable du chaos au Zimbabwe.

« Jamais, au grand jamais je ne vendrai mon pays. Jamais, jamais, je ne me rendrai, jamais »

— Robert Mugabe

« Des hôpitaux fantômes »

Dans son bilan rendu public jeudi, les Nations unies ont affirmé que le choléra au Zimbabwe a fait 1123 morts et 20 896 malades depuis le début de l'épidémie en août.

Un enfant souffrant du choléra

Photo: AFP/Justine Gerardy

Malgré quelques signes d'amélioration près de la capitale Harare, la situation s'aggrave à l'échelle du pays, précise l'ONU.

La situation dans les établissements de santé est tout à fait préoccupante. J'ai vu des hôpitaux vides, des sortes d'hôpitaux fantômes désertés par le personnel médical qui ne vient pas travailler, a raconté Dominique Legros, épidémiologiste de l'OMS.

Les médecins et infirmières, qui ne parviennent plus à obtenir leurs salaires auprès des banques en rupture de billets, n'ont plus les moyens de payer leur titre de transport jusqu'à leur lieu de travail, avait expliqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU, jeudi.

Par ailleurs, la Banque centrale du Zimbabwe a imprimé un nouveau billet de 10 milliards de dollars, qui équivaut à 20 $ sur le marché noir, pour contrer le manque de liquidités des banques, a soutenu le média d'État.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters

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L'épidémie a fait plus de 1100 morts au Zimbabwe depuis le mois d'août, selon un bilan de l'ONU.

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