Un couvre-feu et un bracelet électronique

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et BBC.com
Bernard Madoff Bernard Madoff a avoué avoir englouti 50 milliards de dollars américains dans un système d'investissement pyramidal.   © PC/The New York Times, Ruby Washington

Aux États-Unis, un juge a durci les conditions de libération du gérant de fonds Bernard Madoff, accusé d'une fraude de 50 milliards de dollars.

Le gérant de fonds, accusé d'une fraude de 50 milliards de dollars, est assigné à résidence et doit porter un bracelet électronique. Il doit aussi mettre ses maisons en garantie.

L'investisseur a été assigné à résidence. Il devra demeurer dans son appartement de Manhattan entre 19 h et 9 h. Son assignation à résidence lui permet de sortir à quelques occasions, notamment pour rencontrer ses avocats.

Il doit aussi porter un bracelet électronique.

M. Maddof a aussi dû offrir en garantie de sa caution de 10 millions de dollars son appartement luxueux évalué à 7 millions de dollars et deux autres résidences dans la région new-yorkaise et en Floride.

Le juge a aussi imposé à sa femme de remettre son passeport. M. Madoff a déjà remis le sien.

Bernard Madoff s'est présenté brièvement mercredi en cour fédérale pour signer les papiers requis pour la garantie de sa caution. Il ne s'est pas adressé aux journalistes.

Le juge a modifié les conditions de libération de l'investisseur, car celui-ci n'a pas réussi à obtenir les quatre signatures nécessaires pour garantir sa caution de 10 millions de dollars.

Le secrétaire à la Justice se retire

Toujours mercredi, le secrétaire à la Justice des États-Unis, Michael Mukasey, s'est récusé de l'affaire parce ce que son fils représente Frank DiPascali, un responsable financier de la firme du courtier new-yorkais.

C'est le département de la Justice qui en a fait l'annonce, en ne précisant pas à quel moment Michael Mukasey s'était rendu compte de ce conflit d'intérêts. Frank DiPascali était l'employé de Madoff qui avait le plus de contacts au jour le jour avec les investisseurs du fonds.

Pendant ce temps, la Securities and Exchange Commission (SEC), montrée du doigt dans l'affaire, cherche à savoir comment ses services n'ont pu se rendre compte de la fraude.

L'inspecteur général de la SEC, David Kotz, chargé de cette enquête, a précisé qu'il se pencherait notamment sur la relation entre un ancien juriste de la SEC Eric Swanson et la nièce de Bernard Madoff, Shana.

Par ailleurs, un parlementaire américain a annoncé que le Congrès pourrait entreprendre une enquête sur ce nouveau scandale en janvier.

Bernard Madoff a été inculpé jeudi dernier pour avoir organisé une fraude géante en passant par sa société de conseil en investissements. Il aurait établi une structure pyramidale où les investisseurs arrivés en premier sont rémunérés avec l'argent versé par les investisseurs les plus récents, avec promesse de rendements anormalement élevés.

Des centaines de personnes et institutions financières auraient investi indirectement dans cette affaire et perdu des sommes importantes.

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