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Les honneurs pour Louise Arbour

Mise à jour le mercredi 10 décembre 2008 à 12 h 18

Louise Arbour

Photo: AFP/Ronaldo Schemidt

La juge canadienne et ex-haute-commisaire des Nations unies aux droits de l'homme, Louise Arbour

Il y 60 ans, le 10 décembre 1948, les 58 pays membres de l'Assemblée générale des Nations unies à l'époque adoptaient le texte de la Déclaration universelle des droits de l'homme au Palais de Chaillot à Paris.

Plusieurs événements étaient prévus, mercredi, dans le monde pour célébrer cet événement. À New York, au siège des Nations unies, l'ex-haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Louise Arbour a reçu le prix des Nations unies pour la cause des droits de l'homme.

Au cours de cette année, il faudra déployer des efforts sans précédent pour faire en sorte que, partout dans le monde, des lois justes protègent les femmes et les hommes. En faisant progresser l'exercice universel des droits de l'homme, nous favoriserons la réalisation optimale du potentiel humain, une promesse qui est le fondement même de la Déclaration universelle.

— Louise Arbour, ex-haute-commissaire aux droits de l'homme

Cette distinction remise tous les cinq ans à des personnalités ou organisations qui ont oeuvré à l'avancement et au respect des droits de l'homme a notamment été décernée dans le passé à Nelson Mandela, Amnistie internationale ou encore Martin Luther King.

Le militant des droits de l'homme et ancien ministre américain de la justice Ramsey Clark, la directrice et fondatrice de l'association « Jamaïcains pour la justice » Carolyn Gomes, le cofondateur de l'Hôpital de Panzi à Bukavu, Denis Mukwege, et l'association Human Rights Watch recevaient également le prix. Des honneurs posthumes sont également remis à l'ancienne première ministre pakistanaise Benazir Bhutto, assassinée en décembre 2007, ainsi qu'à Dorothy Stang, des Soeurs de Notre Dame de Namur, qui a défendu les populations autochtones de la région d'Anapu, au Brésil, pendant près de 40 ans.

Pendant ce temps, à Paris, la secrétaire d'État française, Rama Yade, remettait le prix français des droits de l'homme à cinq associations étrangères récompensées pour leurs actions sur le terrain.

Malaise en France

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a cependant créé un certain malaise en exprimant des regrets pour avoir demandé la création d'un secrétariat d'État aux droits de l'homme.

Rama Yade

Photo: AFP/Pierre Verdy

Rama Yade, secrétaire d'Etat française responsable des Affaires étrangères et des droits de l'homme

Ce poste, créé par le gouvernement de Nicolas Sarkozy il y a 18 mois, à l'initiative de Bernard Kouchner, avait été confié à Rama Yade.

Bernard Kouchner a déclaré dans une entrevue au journal Le Parisien de mercredi: « Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'État aux droits de l'homme. C'est une erreur ».

Après réflexion, Bernard Kouchner affirme au Parisien voir une « contradiction permanente » entre les droits de l'homme et la politique étrangère des États.

« Les droits de l'homme, on doit toujours s'en occuper, mais on ne doit pas les détacher et les mettre dans une structure administrative. La politique doit être imprégnée de droits de l'homme, mais ça ne résume pas une politique étrangère », a précisé le ministre français des Affaires étrangères.

Bien que Bernard Kouchner affirme que ses propos ne visaient pas le travail de Rama Yade, il semble qu'elle quittera le gouvernement français prochainement lors d'un remaniement ministériel en janvier et que son poste sera aboli.

La Déclaration universelle des droits de l'homme

Ce texte, rédigé par Eleonor Roosevelt, l'épouse du président américain et deux juristes: le Canadien John Peters Humphrey et le Français, René Cassin, s'inspire des principes d'égalité universelle de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de la Révolution française de 1789.

La Déclaration universelle des droits de l'homme reconnaît à chaque individu vivant sur terre la dignité et des droits fondamentaux égaux et inaliénables.

Bien qu'il n'ait pas de valeur juridique en soi, ce texte en 30 articles constitue les fondements sur lesquels reposent les conceptions de liberté, de droits humains, de justice et de paix dans la majorité des nations de l'ère moderne.

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