Un gouverneur dans la tourmente

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Rod Blagojevich, lors d'une conférence de presse, le 5 novembre Rod Blagojevich, lors d'une conférence de presse, le 5 novembre   © PC/AP/M. Spencer Green

Un juge fédéral a libéré sous caution le gouverneur de l'Illinois Rod Blagojevich, arrêté pour corruption, mardi, à Chicago.

Le gouverneur de l'Illinois Rod Blagojevich est libéré sous caution, après avoir été arrêté pour corruption. On l'accuse d'avoir voulu vendre le siège de sénateur de Barack Obama, libre depuis son élection à la présidence.

Le gouverneur a dû payer une caution 4500 $. On lui a aussi retiré son passeport. Rod Blagojevich est notamment accusé d'avoir voulu vendre le siège vacant de sénateur qui était occupé par Barack Obama avant son élection comme président, le 4 novembre dernier.

C'est au gouverneur de nommer un sénateur quand un siège est vacant et Blagojevich avait bien l'intention de profiter de ce privilège, selon les comptes rendus des écoutes autorisées par la justice.

Sur un enregistrement, le gouverneur dit: « ce siège est une chose de valeur, tu ne le donnes pas comme ça pour rien ».

Les enregistrements révèlent aussi que Blagojevich avait plusieurs options. Il voulait troquer le poste de sénateur contre un salaire pour un travail dans un syndicat ou une fondation caritative, ou encore placer sa femme dans des conseils d'administration de sociétés où elle pourrait être payée environ 150 000 $US par an, ou encore un poste d'ambassadeur pour lui-même.

Le bureau du procureur indique également, dans un communiqué, qu'il est aussi accusé, avec son chef du personnel, John Harris, d'avoir menacé de suspendre l'aide de l'État au Chicago Tribune afin de « provoquer une purge des éditorialistes du journal ». Blagojevich jugeait que certains éditorialistes étaient trop critiques envers lui.

Le communiqué indique que les accusations stipulent que « Blagojevich a mis une pancarte "À vendre" sur la nomination d'un sénateur des États-Unis, s'est impliqué personnellement dans la pratique de pots-de-vin avec la précipitation d'un vendeur qui doit atteindre son objectif annuel, et a utilisé son bureau de façon illicite pour tenter de bâillonner des voix d'éditorialistes critiques ».

Robert Grant, agent spécial au bureau de Chicago du FBI, a déclaré que les inculpations « révèlent clairement que le bureau du gouverneur n'était plus rien d'autre qu'un vecteur d'enrichissement personnel [...] tirant la vie politique de l'Illinois vers un niveau encore plus bas ».

Ça fait déjà un certain temps que des allégations de corruption de l'administration du gouverneur Blagojevich sont au coeur d'une enquête fédérale portant notamment sur des pots-de-vin, qui auraient été extorqués à des entreprises dans des marchés publics, ainsi que des fraudes sur les embauches.

Le procureur Patrick Fitzgerald a indiqué que le président désigné Barack Obama n'était nullement impliqué dans ces accusations de corruptions.

« Il doit être clair que les accusations ne font aucunement allusion au président élu, de quelque façon que ce soit. »

M. Obama a d'ailleurs affirmé, mardi, qu'il n'avait eu aucun contact avec le gouverneur ni avec son équipe sur le sujet, ajoutant qu'il ne ferait pas d'autre commentaire, puisque l'enquête est en cours.

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