Un rapport très critiqué

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, La Presse Canadienne et Reuters

L'ambassadeur canadien en Afghanistan, le gouvernement et l'OTAN rejettent unanimement les conclusions du plus récent rapport du Conseil international sur le développement et la sécurité (ICOS). Le centre de recherche, autrefois connu sous le nom de Conseil de Senlis, estime que les talibans ont une « présence permanente » sur 72 % du territoire, comparativement à 54 % l'an dernier.

Un rapport du centre de recherche ICOS, selon lequel les talibans ont une « présence permanente » sur 72 % du territoire, est critiqué par les gouvernements canadien et afghan, ainsi que par l'OTAN.

Une femme et son enfant marchent sur une route surplombant Kaboul. Une femme et son enfant marchent sur une route surplombant Kaboul.   © AFP/David Furst

Le groupe estime que les talibans ont une « présence permanente » dans un secteur donné lorsqu'une attaque par semaine y est recensée en moyenne. ICOS indique que ses statistiques s'appuient sur « les attaques rapportées publiquement et les perceptions locales ». Les talibans auraient en outre une présence « substantielle » (c'est-à-dire là où des attaques ont lieu une fois par mois) sur une autre tranche de 21 % du territoire afghan.

Le rapport du groupe ICOS conclut en outre que les talibans resserrent leur étau sur la capitale, Kaboul. La sécurité, conclut le groupe, est compromise sur trois des quatre voies d'accès. Seule celle menant vers le nord, dans la vallée du Panshir, serait encore sécuritaire.

Présence talibane en Afghanistan - 2007
Présence talibane en Afghanistan - 2008

L'ambassadeur du Canada en Afghanistan, Ron Hoffman, a réfuté ces conclusions. L'affirmation selon laquelle les talibans ont une « présence permanente » sur 72 % du territoire est « fondamentalement inexacte », a-t-il déclaré. Selon lui, les conclusions de l'ICOS reposent sur « des analyses douteuses et des recherches bancales ».

« Nous sommes persuadés, et le gouvernement afghan aussi, que la présence des talibans est sporadique, qu'elle est essentiellement limitée au sud du pays et qu'elle couvre moins de 50 % du territoire », affirme M. Hoffman.

Le commandant des soldats canadiens déployés à Kandahar, le brigadier général Denis Thompson est du même avis. Le fait que les talibans attaquent à un endroit donné ne signifie pas qu'ils contrôlent cet endroit d'aucune façon. Selon lui, les talibans ont le soutien d'au plus 20 % de la population.

Un porte-parole de l'OTAN, James Appathurai, avait précédemment offert une réaction similaire à celle de M. Hoffman. Les chiffres de l'ICOS, a-t-il affirmé à Reuters, ne sont pas crédibles. « Les talibans ne sont présents que dans le sud et l'est, ce qui compte déjà pour moins de 50 % du pays. »

Le ministère afghan des Affaires étrangères a également discrédité le rapport. Dans un communiqué, il critique la méthodologie de l'étude et la surinterprétation des « activités sporadiques et terroristes des talibans, destinées à avoir un impact médiatique ». Selon le ministère, les difficultés actuelles se limitent « à un petit nombre de districts principalement dans le sud et l'est du pays, le long de la frontière avec le Pakistan ».

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