Les attaques terroristes perpétrées à Mumbai au cours des dernières heures contribuent à faire monter la tension entre l'Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires avérées qui se sont livré trois guerres au cours des 60 dernières années.
Le premier ministre indien, Manmohan Singh, affirme que les attentats ont « probablement » été orchestrés avec des « liens extérieurs », un libellé visant habituellement le frère ennemi.
Manmohan Singh s'est adressé à la nation indienne.
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AFP/Station de télévision DhoorDarshan
Dans son communiqué, le président pakistanais Asif Ali Zardari, lui-même aux prises avec des activistes islamistes dans les zones tribales voisines de l'Afghanistan, a condamné les attentats. Il a insisté sur la nécessité de prendre « des mesures sévères pour éradiquer le terrorisme et l'extrémisme dans la région ».
Plus tôt dans la journée, le premier ministre indien, Manmohan Singh, a déclaré que les attentats ont été « minutieusement préparés et orchestrés, probablement avec des liens extérieurs », un libellé qui fait habituellement référence au Pakistan.
Selon l'AFP, le responsable de l'opération militaire antiterroriste, le général R. K. Hooda a déclaré aux journalistes que les assaillants venaient « de l'autre côté de la frontière, et peut-être de Faridkot, au Pakistan ».
Le général R.K. Hooda, en entrevue à la télévision indienne NDTV
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AFP/NDTV News
De son côté, la marine indienne a annoncé qu'elle a arraisonné deux navires pakistanais au large de ses côtes, car il semble que l'attaque ait été lancée de la mer. Une vedette rapide, d'abord transportée par un plus gros navire, aurait déposé les assaillants à Mumbai.
L'AFP rapporte en outre que le ministre pakistanais de la Défense, Ahmed Mukhtar, a rapidement rétorqué aux propos du général Hooda, affirmant « fermement » que le Pakistan n'était impliqué d'aucune façon dans les attaques de Mumbai.
Les attentats ont été revendiqués par un groupe islamiste inconnu se faisant appeler les Moudjahidines du Deccan, mais il est impossible de vérifier l'authenticité de cette affirmation. Le groupe, qui emprunte le nom d'un plateau du centre de l'Inde, dit réclamer la libération de prisonniers musulmans.
Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi, qui se trouvait à New Delhi, dans le cadre de pourparlers de paix entre les deux pays, a pour sa part lancé un appel à la retenue sur les ondes de la chaîne de télévision privée pakistanaise Dawn TV.
Il a demandé au gouvernement indien de n'accuser personne sans preuve. « Notre expérience du passé nous enseigne que l'on devrait se garder de tirer des conclusions hâtives », a-t-il déclaré, selon l'AFP. « Nous devons rester calmes, sereins et nous soutenir mutuellement ».
L'un des groupes armés islamistes basés au Pakistan et luttant contre la présence indienne au Cachemire, Lashkar-i-Tayyiba, a aussi démenti être impliqué dans les attaques.
Les attentats de Mumbai sont condamnés par l'ensemble de la communauté internationale, et notamment par les gouvernements canadien, américain et britannique, mais aussi par l'OTAN et le Vatican.