La voie étroite

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et BBC

Le dalaï-lama a incité à la plus grande prudence les délégués de la diaspora tibétaine, réunis depuis lundi à Dharmsala, en Inde.

Le dalaï-lama appelle à la plus grande prudence face au pouvoir chinois les délégués de la diaspora tibétaine réunis en Inde, qui viennent de réitérer leur confiance dans son approche diplomatique toute en douceur.

La grande majorité des représentants des Tibétains en exil ont renouvelé leur appui à l'approche diplomatique prônée par leur leader spirituel, qui fait le deuil de l'indépendance du Tibet au profit de l'obtention d'un certain degré d'autonomie culturelle.

Le dalaï lama Le dalaï-lama   © AFP/Manan Vatsyayana

Mais le dalaï-lama semble avoir néanmoins senti le besoin de lancer un avertissement aux quelques voix dissidentes qui se sont élevées pour défendre l'idée d'une éventuelle radicalisation face à Pékin, si la « voie médiane » ne donnait pas de résultats dans un avenir proche.

« Dans les 20 prochaines années, si nous ne faisons pas attention, si nous ne sommes pas prudents dans nos projets, il y a un grand danger. Cela pourrait mener à l'échec », a-t-il lancé en guise de mise en garde.

Les négociations entamées en 2002 avec Pékin dans l'esprit de cette « voie médiane » se sont pourtant révélées jusqu'ici un exercice stérile, malgré les appuis à sa cause qu'a su gagner en Occident le dalaï-lama au fil des ans, particulièrement dans la foulée de la répression des révoltes de Lhassa au printemps dernier.

Il avait dû lui-même confesser l'échec de sa stratégie il y a peu, Pékin ayant affirmé sans détour qu'il ne ferait jamais de concession, même sur une « semi-indépendance » du Tibet. La Chine ne manque d'ailleurs jamais une occasion, par ses médias officiels, d'attaquer sans ménagement le chef spirituel tibétain et de dénier tout fondement à ses revendications.

Elle refuse d'ailleurs de voir dans la « voie médiane » autre chose qu'une revendication indépendantiste. Pékin a déjà fait savoir à plusieurs reprises qu'elle ne tiendra pas compte des décisions prises lors de cette réunion de Dharmsala.

Le gouvernement en exil n'a pas l'intention, considérant le climat hostile, de tenter pour l'instant d'autres contacts approfondis.

Confrontés à l'intransigeance de la Chine sur la question du Tibet, qu'elle considère sien depuis l'avoir envahi en 1951, les Tibétains en exil, dont il s'agit du plus important rassemblement en 60 ans, semblent avoir convenu, encore une fois, que cheminer sur la voie étroite tracée par le dalaï-lama demeure la seule option ayant une chance de réussir.

Le dalaï-lama, 73 ans, a récemment connu des ennuis de santé et n'a pas assisté aux débats qui ont pris fin samedi. Il a cependant affirmé dimanche, lors de son allocution publique qui clôturait le rassemblement, ne pas avoir l'intention de prendre sa retraite.

La Chine a annexé le Tibet en 1951. Les exilés tibétains, dont bon nombre de jeunes, sont plus de 100 000 en Inde. La plupart y sont nés et n'ont jamais mis les pieds au Tibet. La diaspora tibétaine est forte d'environ 6 millions de personnes.

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