À New York, les 15 pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont approuvé jeudi un projet de résolution français prévoyant l'envoi de troupes supplémentaires en République démocratique du Congo (RDC).
Le Conseil de sécurité de l'ONU approuve le déploiement de 3000 Casques bleus supplémentaires en RDC, où les 17 000 soldats déjà présents n'arrivent pas à s'interposer efficacement.
L'effectif de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC) passera ainsi de près de 17 000 soldats à environ 20 000. La MONUC est déjà le plus important contingent de Casques bleus déployé dans l'histoire des Nations unies.
Des soldats de la MONUC circulant à Kiwanja, à environ 80 km au nord de Goma.
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AFP/Yasuyoshi Chiba
Le renforcement de la MONUC est réclamé depuis de nombreuses semaines déjà par le représentant spécial des Nations unies, Alan Doss, étant donné les plus récents combats opposant l'armée congolaise aux rebelles du général Laurent Nkunda dans la province du Nord-Kivu.
Les combats, qui ont repris au mois d'août, ont fait des dizaines de morts et ont contribué à envenimer une situation humanitaire déjà catastrophique. Plus de 250 000 personnes ont fui les plus récents combats et les organisations humanitaires peinent à leur venir en aide.
Avant que le Conseil de sécurité en se prononce sur le sujet, M. Doss avait déclaré mercredi que l'envoi de renforts pour la MONUC « permettra de renforcer notre présence, particulièrement dans le Nord-Kivu, laquelle est vraiment nécessaire étant donné les pressions que nous subissons de toutes parts ».
Les plus récents affrontements en RDC ont ravivé les craintes d'un nouvel embrasement de la région des Grands Lacs, comme cela a été le cas à deux reprises depuis le génocide au Rwanda, en 1994.
Le conflit actuel trouve sa source dans cette tragédie. Le général Nkunda, qui se pose en défenseur des Tutsis congolais, combat non seulement l'armée, mais aussi des milices hutues, dont certaines sont constituées d'ex-génocidaires qui ont fui le Rwanda.
Le général Nkunda est d'ailleurs soupçonné d'être aidé en sous-main par Kigali. Le gouvernement rwandais, qui dément toute implication, a accepté il y a quelques jours que des officiers du renseignement rwandais participent à la lutte contre les milices hutues aux côtés des forces congolaises.