Près de deux semaines après sa victoire électorale, le président élu des États-Unis, Barack Obama, a accordé dimanche une première entrevue télévisée à l'émission 60 minutes du réseau CBS.
Dans une entrevue au réseau CBS, le président élu des États-Unis affirme avoir toujours l'intention de fermer Guantanamo, d'amorcer un véritable retrait d'Irak et de redresser l'économie américaine.
Dans cet entretien avec le journaliste Steve Kroft, M. Obama a réitéré son intention de tenir certaines de ses promesses.
Barack Obama veut notamment fermer la prison de la base militaire de Guantanamo, à Cuba. Il n'a toutefois pas précisé ce qui adviendrait des 270 prisonniers qui s'y trouvent, dont le Canadien Omar Khadr.
Le président américain élu promet également de se réunir avec ses responsables de la sécurité nationale dès son entrée à la Maison-Blanche, en janvier prochain, pour élaborer et mettre en oeuvre un plan de retrait des troupes américaines d'Irak. Il a rappelé qu'il mettrait davantage l'accent sur l'intervention militaire en Afghanistan.
M. Obama fait également de l'élimination du réseau terroriste Al-Qaïda une priorité. Il pense que la capture, ou la mort, d'Oussama ben Laden est un élément crucial pour vaincre les terroristes.
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CBS/60 minutes
Priorités économiques
Sur le plan intérieur, Barack Obama a parlé de ses priorités économiques. Il veut encourager des négociations entre les banques et les emprunteurs pour régler les problèmes de saisies dus à la crise hypothécaire.
M. Obama estime que la régulation des marchés est une priorité. Il souligne toutefois que les solutions doivent être adaptées à l'époque actuelle, et non simplement être une copie des actions menées lors de la crise des années 30, comme l'ont évoqué certains.
Le président élu croit aussi que le gouvernement américain doit aider l'industrie automobile, mais qu'il doit d'abord s'asseoir avec ses principaux acteurs pour éviter de donner un chèque en blanc, sans garantie de résultat.
Barack Obama a mentionné qu'un membre de son équipe de transition discutait quotidiennement avec l'actuel secrétaire au Trésor, Henry Paulson.
Un Cabinet à compléter
Barack Obama a refusé de donner des détails sur la composition de son Cabinet, tandis que de nombreuses rumeurs circulent à ce sujet, surtout depuis sa rencontre avec son ancienne adversaire à l'investiture démocrate, Hillary Clinton. Des commentateurs ont évoqué la possibilité que celle-ci obtienne le poste de secrétaire d'État. Les noms du sénateur du Massachusetts, John Kerry, et du gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, ont également été mentionnés comme candidats à ce poste.
M. Obama a toutefois affirmé que son Cabinet compterait au moins un républicain. Il n'a pas voulu dire s'il en compterait plus d'un. On sait par ailleurs que le président élu doit rencontrer son adversaire de la course à la Maison-Blanche, John McCain, dès lundi.
Durant l'entrevue à 60 minutes, Barack Obama a aussi abordé des sujets plus personnels, comme sa perception de son nouveau rôle de président et les changements que cela provoque dans sa vie. Son épouse Michelle Obama a également abordé ce dernier sujet avec le journaliste Steve Kroft.
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CBS/60 minutes
Par ailleurs, Barack Obama a officiellement quitté dimanche son poste de sénateur de l'Illinois. Il a rendu hommage aux citoyens de son État, et a rappelé les paroles d'Abraham Lincoln, lui aussi originaire de l'Illinois, qui, à l'époque de la guerre de Sécession, espérait que « tout irait bien ». « Je n'oublierai jamais et serai à jamais reconnaissant envers les hommes et femmes de ce grand État qui ont rendu possible ma vie au service du public », a écrit M. Obama dans un communiqué.
Le président élu a aussi annoncé quelques nominations au sein de la nouvelle administration de la Maison-Blanche. Ainsi, Peter Rouse, son directeur de Cabinet au Sénat, devient conseiller spécial.Mona Sutphen, qui a déjà oeuvré aux affaires étrangères, et Jim Messina, membre de l'équipe de campagne de M. Obama, deviennent tous deux adjoints au secrétaire général de la Maison-Blanche, Rahm Emanuel.
L'Associated Press fait aussi état de rumeurs qui envoient Robert Gibbs, conseiller de la campagne de M. Obama, au poste de porte-parole de la Maison-Blanche. David Axelrod, stratège démocrate, deviendrait conseiller de M. Obama, tandis que Gregory Craig, avocat de Bill Clinton à l'époque de l'affaire Lewinski, deviendrait conseiller juridique du président.