90 ans plus tard

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, La Libre Belgique et La Presse Canadienne
Des dignitaires de plusieurs pays assistent à la cérémonie commémorative à Douaumont. Des dignitaires de plusieurs pays assistent à la cérémonie commémorative à Douaumont.   © AFP/Jean-Christophe Verhaegen

Depuis 90 ans, le 11 novembre est gravé dans l'Histoire. Chaque année, cette date rappelle la fin de la Première Guerre mondiale, qui a duré quatre ans, de 1914 à 1918. À l'occasion de l'Armistice, de nombreux pays se souviennent.

Le 11 novembre 1918 prenait fin la Première Guerre mondiale. À l'occasion de l'Armistice, de nombreuses cérémonies ravivent le souvenir de ce qui devait être la « der des der ».

À Ottawa, où on parle plutôt du jour du Souvenir, le premier ministre Stephen Harper a pris part à une cérémonie au Mémorial virtuel de guerre du Canada. À des milliers de kilomètres, les soldats canadiens déployés à Kandahar ont commémoré la mort de 97 frères d'armes en Afghanistan depuis 2002. La campagne électorale québécoise s'est aussi arrêtée le temps d'une cérémonie. (Lire la nouvelle: De Vimy à Kandahar).

Aux États-Unis, le président Bush a assisté à sa dernière cérémonie pour les anciens combattants à titre de commandant en chef de l'armée américaine. « Ça va me manquer d'être le commandant en chef de ce fabuleux groupe d'hommes et de femmes, ceux qui portent l'uniforme de l'armée des États-Unis », a-t-il déclaré.

L'Europe se souvient

Luc Chartrand raconte la cérémonie de Douaumont.

De l'autre côté de l'Atlantique, l'Europe se souvient de cette guerre qui l'a déchirée pendant quatre ans. Le président français Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni, le président du Bundesrat (la chambre haute du Parlement allemand) Peter Muller, le prince Charles et son épouse Camilla se sont recueillis au fort de Douaumont, dans le département de la Meuse.

Théâtre d'affrontements sanglants lors de la bataille de Verdun en 1916, ce lieu abrite un ossuaire construit dans les années 1920. Ce monument recouvre les restes de 130 000 soldats inconnus, qu'ils fussent Allemands, Français ou étrangers.

La bataille de VerdunDe février à décembre 1916, la bataille de Verdun a fait rage pendant 300 jours. Un déferlement de feu, avec 26 millions d'obus tirés, soit six au mètre carré. 163 000 soldats français et 143 000 soldats allemands ont péri sur un champ de bataille de moins de 100 km2.

La gouverneure générale d'Australie, Quentin Bryce, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, se sont aussi rendus sur les lieux. La chancelière Angela Merkel était à Varsovie pour les cérémonies du 90e anniversaire de l'indépendance de la Pologne.

Le président français, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, a salué comme ayant été « les plus belles traductions du sursaut de conscience » ayant suivi les deux guerres mondiales « la construction de l'Europe, la Déclaration universelle des droits de l'homme et l'Organisation des Nations unies ».

Il a aussi rendu hommage aux soldats fusillés pour désertion et mutinerie qui, soutient-il, pour la plupart « ne s'étaient pas déshonorés » et étaient aussi des « victimes ».

M. Sarkozy devait ensuite se rendre au cimetière allemand proche du site. Le premier ministre François Fillon commémore ce jour à Rethondes, au nord de Paris, où fut signé l'armistice mettant fin à ce qui devait être la « der des der » (la dernière des dernières).

Un peu plus tôt, à Paris, le président français a rompu avec la tradition en allant déposer une gerbe au pied de la statue de Georges Clémenceau, aux Champs Élysées. Habituellement, le chef de l'État ravive la flamme du soldat inconnu à la place de l'Étoile.

Le dernier Poilu

Des soldats français lors de la Première Guerre mondiale Des soldats français lors de la Première Guerre mondiale   © AFP/ECA

Cette journée du souvenir revêt une tonalité particulière en l'absence des Poilus, ces combattants de 14-18 que les livres d'histoire montrent le regard vide, fusil à l'épaule, dans des tranchées boueuses et jonchées de cadavres. Le dernier d'entre eux, Lazare Ponticelli, s'est éteint le 12 mars dernier à 110 ans.

Parce qu'il pensait que cela serait « un affront à ceux qui sont morts » avant lui, il avait longtemps refusé des funérailles nationales avant de revenir sur sa décision peu avant sa mort. Un hommage solennel lui avait été rendu aux Invalides en présence du président Sarkozy.

Sept soldats de la Grande Guerre sont encore vivants à ce jour, trois Britanniques, deux Australiens, un Américain et un Américano-canadien. Ce dernier se nomme John Babcock. Le gouvernement du Canada lui a offert de retrouver sa citoyenneté, deux mois avant son 108e anniversaire de naissance, en mai 2008.

La Grande Guerre a causé environ neuf millions de morts, une perte qui a entaillé la pyramide des âges pendant longtemps. 1,4 million de soldats français, dont de nombreux tirailleurs des colonies françaises d'Afrique, n'en revinrent pas. La plupart avaient entre 18 et 25 ans.

L'Allemagne perdit 1,9 million d'hommes, la Russie 1,7 million, la Grande-Bretagne 760 000. En France et en Allemagne, un soldat engagé sur six a été tué.

Le Canada, pour sa part, a perdu plus de 60 000 soldats au front et 170 000 autres ont été blessés (Lire notre texte : Le Canada dans la bataille).

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