77 jours pour former une équipe

  |  Radio-Canada avec Associated Press, New York Times et Politico

La période de transition qui précédera l'assermentation de Barack Obama et celle des membres de son gouvernement sera la première à survenir en temps de guerre depuis 40 ans, soit depuis que le démocrate Lyndon B. Johnson a transmis les rênes du pouvoir au républicain Richard Nixon en pleine guerre du Vietnam, en janvier 1969.

Le président élu doit maintenant s'atteler à la tâche de former un gouvernement. La période de transition qui s'ouvre est la première à survenir en temps de guerre aux États-Unis en 40 ans.

D'ici à ce qu'il prenne possession de la Maison-Blanche, le 20 janvier, M. Obama dispose donc de 77 jours pour résoudre le casse-tête. Le travail est toutefois déjà commencé. Son équipe de transition, dirigée par un ancien chef de cabinet du président Bill Clinton, John Podesta, est à pied d'oeuvre depuis plusieurs semaines déjà.

La tâche est colossale. « Plus de 1100 emplois sont occupés par des gens nommés par le président au sein de l'exécutif et ils doivent tous être approuvés par le Sénat », rappelait récemment Clay Johnson III, qui est le dernier à avoir orchestré une transition de la sorte pour le compte du président Bush, en 2000-2001.

Barack Obama prendra possession de la Maison-Blanche le 20 janvier. Barack Obama prendra possession de la Maison-Blanche le 20 janvier.   © PC/AP/Pablo Martinez Monsivais

Étant donné la période économique difficile que traversent les États-Unis depuis la débâcle des prêts hypothécaires à haut risque et le fait que l'armée américaine est sur un pied de guerre en Afghanistan et en Irak, le président désigné bénéficiera d'une collaboration sans précédent de la part de la Maison-Blanche.

En vertu d'une loi adoptée à l'initiative du gouvernement Bush, les membres de l'équipe de transition ont déjà fait l'objet d'une vérification de sécurité. Dès aujourd'hui, ils devraient avoir accès à des informations confidentielles auxquelles ils n'auraient pu avoir accès, autrefois, avant le jour de l'assermentation.

Le 9 octobre dernier, le président Bush a en outre signé un ordre exécutif mettant sur pied un conseil de coordination de la transition. Son travail doit permettre d'éviter une répétition de ce qui s'est produit lors de l'entrée en fonction du président Bush : lorsque les États-Unis ont été attaqués le 11 septembre 2001, seuls 30 % de ses nominations avaient été approuvées.

Le conseil de coordination de la transition est un groupe composé de 14 hauts fonctionnaires de la Maison-Blanche qui se préparent à assister l'équipe de transition du président désigné d'ici le 20 janvier. Ils doivent préparer des sessions de breffages à leur intention et leur proposer un calendrier pour effectuer la transition.

Des noms qui circulent

Nul ne sait pour l'instant qui fera partie d'un gouvernement Obama ni qui fera partie de sa garde rapprochée à la Maison-Blanche. La possibilité que le secrétaire à la Défense de George W. Bush, Robert Gates, soit prié de rester en fonction est toutefois régulièrement évoquée.

Deux ex-secrétaires au Trésor du gouvernement Clinton, Larry Summers et Robert Rubin, pourraient aussi se voir offrir de reprendre du service. Le président de la Réserve fédérale de New York, Timothy Geithner, serait aussi considéré pour occuper cette fonction névralgique.

Les noms de démocrates bien en vue, comme John Kerry, Al Gore, Bill Richardson et Dick Gephardt, reviennent aussi dans les conversations. Deux sénateurs républicains, Chuck Hegl et Richard Lugar, sont aussi tenus en haute estime par Barack Obama. Les gouverneures du Kansas et de l'Arizona, Kathleen Sibelius et Janet Napolitano, pourraient aussi être considérées.

L'ex-sénateur Tom Daschle et le représentant Rahm Emmanuel sont deux candidats au titre de chef de cabinet. Des membres-clés de l'équipe de campagne de Barack Obama, dont son stratège, David Axelrod, et l'un de ses porte-parole, Robert Gibbs, pourraient aussi recevoir une offre.

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