Progression des rebelles au Nord-Kivu

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press, Le Monde et Reuters
Une colonne de rebelles tutsis au Nord-Kivu. Une colonne de rebelles tutsis au Nord-Kivu.   © AFP/Roberto SCHMIDT

Une armée gouvernementale en déroute, une force onusienne débordée, des milliers de réfugiés jetés sur les routes et des rebelles qui avancent vers Goma, la capitale du Nord-Kivu : tous les ingrédients sont réunis pour une nouvelle catastrophe en République démocratique du Congo.

Les rebelles tutsis du général Laurent Nkunda poursuivent leur avancée vers Goma, capitale du Nord-Kivu, jetant par le fait même des dizaines de milliers de personnes sur les routes.

La confusion règne toujours sur le terrain, mercredi, pendant que les forces gouvernementales fidèles au président Joseph Kabila affrontent à l'arme lourde, à quelques kilomètres seulement de Goma, les rebelles du général tutsi Laurent Nkunda.

Les soldats de la Mission des Nations unies au Congo, la MONUC, tentaient de freiner l'avancée des rebelles en se servant d'au moins deux hélicoptères de combat.

Selon des officiers de l'armée congolaise, l'offensive des rebelles du général Nkunda est appuyée par des blindés de l'armée rwandaise qui pilonnent, depuis les collines frontalières, les troupes gouvernementales.

Tard mardi, les rebelles ont pu s'emparer de la ville stratégique de Rutshuru, située à environ 70 kilomètres au nord de Goma. Les forces de l'ONU déployées dans la ville ont pu conserver leurs positions sans être attaquées, mais des soldats gouvernementaux en fuite ont ouvert le feu, pendant la nuit, contre une base de Casques bleus à l'extérieur de la ville, blessant au moins deux d'entre eux.

L'analyse de Jean Bédard

Au fur et à mesure que les troupes du général Nkunda avancent sur Goma, des dizaines de milliers d'habitants de la capitale tentent, dans un complet chaos, de trouver refuge dans un camp des Nations unies à Kibati, à une dizaine de kilomètres au nord de Goma.

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, responsable du camp, affirme qu'environ 30 000 déplacés sont arrivés ou sont en route vers Kibati.

Depuis leur reprise, le 28 août dernier, les affrontements dans le Nord-Kivu ont jeté sur les routes 200 000 personnes de plus, et ce, malgré la signature d'un accord de paix à Goma, en janvier dernier. Le HCR indique qu'au total près d'un million de personnes sont déplacées par les combats dans cette province.

Avec 17 000 soldats, la Mission des Nations unies au Congo (MONUC) est en ce moment la plus importante force de maintien de la paix dans le monde. Toutefois, ces ressources ne semblent pas être suffisantes pour faire face aux conflits ethniques qui déchirent cette région de la planète.

Le représentant spécial de la MONUC en RDC, Alan Doss, a demandé le 3 octobre dernier des moyens et des troupes supplémentaires.

Les forces rebelles sont dirigées par un ancien général de l'armée congolaise, Laurent Nkunda, qui a pris les armes pour protéger la population tutsi du Nord-Kivu. Le général Nkunda, lui-même un Tutsi, affirme que son ethnie est victime des exactions commises par un groupe de rebelles hutus rwandais qui bénéficie de la protection du gouvernement congolais de Joseph Kabila.

Les forces de Laurent Nkunda, elles, sont appuyées officieusement par l'armée gouvernementale rwandaise, désormais contrôlée par les Tutsis qui ont mis fin au génocide de 1994.

Le conflit congolais a fait, depuis 1998, entre 3 et 5 millions de morts.

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