Le secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, Michael Chertoff, estime que la période de transition qui suivra l'élection du prochain président, le 4 novembre, constitue une occasion rêvée pour des groupes terroristes d'attaquer les États-Unis, peu importe le vainqueur du scrutin.
Le secrétaire à la Sécurité intérieure, Michael Chertoff, soutient que la période de transition qui suivra l'élection du nouveau président créera « une occasion pour les terroristes ».
« Toute période de transition crée une plus grande vulnérabilité, ce qui veut dire que les distractions sont plus probables », a déclaré M. Chertoff, lors d'une entrevue exclusive accordée à l'agence de presse Bloomberg. « Il faut s'inquiéter du fait que cela créera une occasion opérationnelle pour les terroristes. »
Michael Chertoff (archives)
©
AFP/Mohammed Atta
M. Chertoff explique que la transition est en préparation depuis 18 mois maintenant, et qu'il n'est pas au courant de menaces particulières dirigées contre les intérêts américains. Qui plus est, rappelle-t-il, l'expérience démontre que les terroristes frappent lorsqu'ils sont prêts sur le plan opérationnel.
Le secrétaire à la Sécurité intérieure dit en outre être inquiet que la rhétorique préconisée par certains individus ou groupes au discours haineux pendant cette campagne n'engendre des conséquences dramatiques. « Est-ce que je suis inquiet qu'un individu dérangé soit pris du désir de faire quelque chose? Absolument, ça m'inquiète », dit-il.
Michael Chertoff affirme également que le système Einstein, qui protège les ordinateurs du gouvernement contre des cyber-attaques, est mis à jour en ce moment, et que Washington travaille avec les firmes du domaine des télécommunications ou de l'énergie pour accroître la sécurité de leurs installations.
Les commentaires de M. Chertoff viennent remettre en perspective des propos tenus en fin de semaine par le colistier de Barack Obama, Joe Biden. Ce dernier a déclaré samedi que « ça ne prendra pas six mois avant que le monde ne teste Barack Obama, comme cela a été le cas pour John Kennedy ».
John McCain est tombé à bras raccourcis sur ces commentaires. « Nous ne voulons pas d'un président qui incite le monde à le tester quand notre économie est en crise et que les Américains sont engagés dans deux guerres », a-t-il lancé lors d'un rassemblement politique en Pennsylvanie, mardi.
La préférence alléguée d'Al-Qaïda
Le Washington Post a pour sa part révélé ce matin qu'un site web considéré comme lié au réseau Al-Qaïda, al-Hesbah, a publié un message soutenant qu'Al-Qaïda doit soutenir McCain dans cette élection, parce qu'il poursuivra la « marche vouée à l'échec de son prédécesseur », George W. Bush.
Le message affirme en outre qu'une attaque en pleine période électorale constituerait un bon moyen de faire élire le républicain John McCain à la présidence des États-Unis. « Cela poussera les Américains à voter délibérément pour McCain, afin qu'ils puissent se venger d'Al-Qaïda. Al-Qaïda réussira ensuite à épuiser les États-Unis » sur les plans militaire et économique.
Cette possibilité n'est pas sans rappeler ce qui est arrivé à Madrid, en 2004, lorsque des attentats terroristes ont été commis trois jours avant que les Espagnols ne soient convoqués aux urnes. Le scrutin a été remporté par le socialiste Jose Luis Zapatero, qui a presque immédiatement annoncé qu'il retirait d'Irak les troupes espagnoles qui y avaient été dépêchées par Jose Maria Aznar.
Le clan McCain a répondu à cette nouvelle par la bouche d'un des principaux conseillers du candidat républicain en matière de politique étrangère, Randy Scheunemann. Ce dernier a déclaré que peu importe « les bravades que le Washington Post choisit de citer, seul John McCain a l'expérience, le jugement et la force de diriger un pays en guerre ».
Mercredi après-midi, Barack Obama a abondé dans le sens de Chertoff. « Une période de transition vers une nouvelle administration est toujours une période où il faut être vigilant ». « Nous devons prendre soin, lors du passage du témoin dans cette démocratie, que d'autres n'en prennent pas avantage. C'est vrai, que ce soit moi [qui soit élu président] ou le sénateur McCain ».
Le candidat démocrate a aussi quelque peu tancé son colistier, Joe Biden pour ses propos. « Je pense que Joe, à l'occasion, s'engage dans une rhétorique débordante », a-t-il laissé tomber.