20 ans pour blasphème

  |  Radio-Canada avec Associated Press
Parwez Kambakhsh Parwez Kambakhsh discute avec l'un de ses avocats.   © PC/AP Photo/Rahamat Gul

Un étudiant en journalisme condamné à mort en janvier dernier voit sa peine réduite à 20 ans d'emprisonnement.

Une cour d'appel afghane a commué mardi la condamnation à mort d'un étudiant en journalisme en une peine de 20 ans de prison. Il est accusé de blasphème.

Âgé de 24 ans, Parwez Kambakhsh a été condamné par un jury de trois juges, et ce, après une journée de procès opposant son avocat et les représentants de l'État.

Un étudiant en journalisme

Quand il a été arrêté en octobre 2007, le jeune homme étudiait le journalisme à l'université de Balkh, dans la ville de Mazar-i-Sharif, située dans le nord du pays. Il écrivait aussi des articles pour des journaux locaux.

Les procureurs ont affirmé qu'il avait perturbé les cours en posant des questions sur les droits des femmes dans l'islam.

Il a aussi été accusé d'avoir distribué un article publié sur l'Internet qui dénonce l'archaïsme des positions de l'islam par rapport aux femmes.

Il aurait à l'époque été torturé et contraint à signer les documents d'accusation. En première instance, il avait été condamné à mort. En janvier dernier, son procès sans avocat et sa condamnation avaient ému le monde.

Des Afghans étaient alors descendus dans les rues pour dénoncer sa peine et les diplomaties internationales avaient fait pression sur le gouvernement afghan.

Du soutien

Depuis, le journaliste a pu bénéficier de l'aide de deux avocats pour mener ses appels, grâce au soutien de Reporters sans frontières.

Toutefois, même si Dennis Trudeau, porte-parole de l'organisme, se dit soulagé, il considère que cette réduction de peine demeure un outrage à la liberté d'expression et se dit même indigné par la situation.

« Toute punition, dans ce coup monté par les fondamentalistes dans cette région de l'Afghanistan, c'est scandaleux. [...] Le résultat d'aujourd'hui démontre encore l'incapacité de la justice afghane à défendre la liberté d'expression des afghans, chez eux. » — Dennis Trudeau

Parwez Kambakhsh a toujours la possibilité de porter sa cause devant la Cour suprême.

D'après un reportage de Lise Villeneuve.

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