Une déclaration pavée de bonnes intentions

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Marc Ravalomanana, Shawn Graham, Jean Charest, Stephen Harper, Abdou Diouf et François Fillon à la clôture du Sommet de la Francophonie à Québec Les membres de la Francophonie ont publié une déclaration finale de sept pages.   © PC/Ryan Remiorz

Peu de surprises et d'engagements ressortent du communiqué final des membres de la Francophonie, mais Ottawa en profite pour annoncer une aide aux pays en développement touchés par les changements climatiques.

Le gouvernement du Canada aidera les pays en voie de développement à faire face aux défis des changements climatiques.

Le compte rendu de Josée Thibeault

Le premier ministre Stephen Harper a annoncé dimanche, à la clôture du 12e Sommet de la Francophonie, à Québec, une aide de 100 millions de dollars à cette fin aux pays situés surtout en Afrique, dans les Caraïbes et dans le Pacifique-Sud. Le montant, déjà prévu dans le dernier budget fédéral, a été confirmé lors de la conférence de presse qui met fin à l'événement.

L'aide vise des pays ne contribuant pas de façon majeure aux changements climatiques, a expliqué le premier ministre Harper, mais en subissant les conséquences. M. Harper a précisé qu'une grande partie de ces fonds seraient attribués par l'entremise des organisations internationales dont le Canada est membre, par exemple la Banque mondiale.

Stephen Harper ne voit pas de contradiction entre l'engagement de respecter le protocole de Kyoto contenu dans la déclaration finale du Sommet de Québec et la position de son gouvernement face à la lutte contre les gaz à effet de serre. M. Harper a rappelé que le Canada participait aux négociations de l'après-Kyoto.

Pour en savoir plusLisez un résumé de la déclaration finale des membres de la Francophonie réunis à Québec pour un 12e Sommet.

Axe Nord-Sud réactivé

Jean Charest à la clôture du Sommet de la francophonie Jean Charest

Tant Stephen Harper que le premier ministre du Québec, Jean Charest, ont mis l'accent sur le contenu de la déclaration finale du Sommet. Cette déclaration insiste sur l'importance de promouvoir et de renforcer la langue française au sein même de la Francophonie.

Précisons toutefois que le français n'est pas une langue officielle dans plus d'une vingtaine des 55 pays membres de la Francophonie. De plus, seulement le cinquième des habitants des pays de la Francophonie (qui compte aussi 13 pays observateurs) parlent réellement le français.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, a déclaré qu'il avait compris, au cours du Sommet, que le français était ce qui en distinguait les participants des autres pays du monde.

M. Charest a souligné que le Sommet avait été l'une des premières occasions de discuter de l'impact de la récente crise financière, de la crise alimentaire déjà existante, ainsi que de la lutte contre les changements climatiques sur les pays en voie de développement membres de la Francophonie.

« Ça doit devenir un grand combat, un combat politique, pour la Francophonie. » — Jean Charest

Le premier ministre Charest a insisté sur le fait que le Sommet de la Francophonie était l'un des seuls forums Nord-Sud dans le monde. Il a mentionné que la présence de l'ONU garantissait que l'on s'occupe des intérêts des pays en voie de développement.

En réponse aux critiques sur la sécurité omniprésente au Sommet, M. Charest a dit en prendre bonne note, ajoutant que des efforts pourraient être faits pour rendre la réunion plus accessible pour la presse à l'avenir. Il a ajouté que les réunions tenues à huis clos étaient une occasion privilégiée d'établir des contacts directs entre les chefs d'État et de gouvernement, et que cela était un moment rare et précieux.

Paradoxalement, c'était la première fois que le français était un thème à part entière d'un Sommet de la Francophonie. Outre la crise financière, l'environnement et les droits de la personne ont aussi été abordés.

La crise financière abordée

Le premier ministre français François Fillon à la clôture du Sommet de la Francophonie François Fillon

Tous les dirigeants présents, y compris les premiers ministres canadien, québécois et néo-brunswickois, semblaient s'entendre sur la nécessité de réformer le système financier pour stabiliser les marchés et éviter une répétition de la crise actuelle.

Le premier ministre français François Fillon a toutefois jugé bon de préciser que personne ne voulait de protectionnisme ou de réglementations supplémentaires qui nuiraient aux pays en voie de développement. M. Fillon a plutôt parlé de la nécessité d'harmoniser les règles financières mondiales, sans nuire aux échanges commerciaux, un refrain repris notamment par Stephen Harper.

« La solution n'est pas une fermeture des marchés aux produits et services des pays du Sud. » — Le premier ministre Stephen Harper

Le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, a parlé d'un Sommet « exceptionnel » par son organisation, la maîtrise des débats et la collaboration avec les équipes de l'Organisation internationale de la Francophonie. Il a affirmé que des « miracles » avaient été réalisés à Québec.

À ce sujet, Stephen Harper a dit en plaisantant que, pour lui, le miracle était plutôt « chaque jour où je suis encore premier ministre ou que quelqu'un me comprend lorsque je parle français ».

Prochain arrêt: Madagascar

Marc Ravalomanana, président de la République de Madagascar, au Sommet de la Francophonie à Québec Marc Ravalomanana

Par ailleurs, Madagascar sera l'hôte du 13e Sommet de la Francophonie, en 2010. Le pays l'a emporté sur un autre candidat, la République démocratique du Congo.

Notons que, depuis 2007, la République de Madagascar compte trois langues officielles, le malgache, le français et l'anglais, cette dernière ajoutée l'an dernier.

Le président malgache, Marc Ravalomanana, issu du milieu des affaires, a d'ailleurs fait ses études en anglais. M. Ravalomanana a également parlé à la conférence de presse finale de dimanche.

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