Sommet de la Francophonie à Québec
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PC/Paul Chiasson
Une trentaine de chefs d'État et de gouvernement se rencontrent à Québec avec comme toile de fond la crise financière mondiale.
Une trentaine de chefs d'État et de gouvernement, dont le président français, Nicolas Sarkozy, ont afflué à Québec pour prendre part au 12e Sommet de la Francophonie, qui s'est ouvert vendredi.
Démocratie et État de droit, gouvernance économique, environnement et langue française sont les principaux thèmes retenus pour cette importante rencontre, qui intervient en pleine crise financière mondiale.
L'ordre du jour de ce sommet a été du reste bousculé, au cours des derniers jours, pour faire une large place à la recherche de solutions à ce problème.
« Cela peut être un sommet historique » de ce point de vue, selon le numéro deux de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Québécois Clément Duhaime.
Endiguer la régression du français
Pendant au moins trois jours, quelque 3000 personnes issues de 61 délégations discuteront donc des points inscrits à l'ordre du jour. L'OIF est particulièrement inquiète de la régression du français, notamment dans les pays européens, dont la France.
Ce recul se fait souvent au profit de l'anglais, qui gagne en popularité chez les étudiants et les gens d'affaires.
Le premier ministre du Québec a lui-même reconnu que « la voix du français s'est affaiblie sur la scène mondiale ».
Jean Charest a soutenu que la promotion du français est « une bataille qu'il faut mener », invitant l'ensemble des pays francophones à joindre le Québec dans le combat pour la défense du fait français à travers le monde.
Ne pas se laisser distraire par la crise financière
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a pour sa part rappelé l'importance de l'aide au développement. Il a supplié les pays donateurs à ne pas réduire leur aide, même en ces temps de crise financière.
« Nous devrons faire en sorte que la crise financière ne sape pas nos engagements visant à consacrer davantage de ressources au développement et à la lutte aux changements climatiques », a déclaré M. Ban.
Ses propos ont trouvé écho chez le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. « Ne nous soustrayons pas à notre responsabilité politique et à notre devoir moral parce qu'une autre crise moins spectaculaire peut-être [...], mais infiniment plus grave, frappe le monde en développement », a-t-il lancé.
« Comment pourrions-nous justifier un jour d'avoir mobilisé tant de moyens et de volonté politique pour imaginer des solutions à la crise financière et de n'avoir rien tenté face à l'injustice de la faim? », a ajouté M. Barroso.
Une première polémique
Le Sommet de Québec a commencé sur une première polémique après une déclaration, en séance plénière, du chef de la délégation rwandaise, Charles Murigande.
Il a indiqué que « la réalité du monde c'est que l'anglais se répand partout » et s'est demandé « pourquoi depuis que la Francophonie existe, on fait des résolutions sur la langue française qui ne sont pas suivies d'effet ». Il s'est demandé aussi « s'il fallait continuer ».
Cette déclaration est interprétée dans les couloirs du Sommet de la Francophonie comme « des représailles » du Rwanda contre la France. Les deux pays entretiennent des relations tumultueuses.
À noter que les chefs d'État ivoirien et rwandais, Laurent Gbagbo et Paul Kagamé, sont les grands absents de ce sommet, avec leur homologue de la Mauritanie, dont le pays a été suspendu de l'OIF après le coup d'État du 6 août dernier. Le chef d'État algérien, Abdelaziz Bouteflika, assistera à cette rencontre en tant qu'invité.