![]() International En profondeur
Mise à jour le jeudi 19 mars 2009 à 15 h 43 EnjeuxLes structures de la Francophonie ont des ramifications partout dans le monde. Ses priorités incluent autant la promotion de la langue française et la diversité culturelle et linguistique que la promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l'homme. Pourtant, l'organisation demeure peu connue et ses objectifs sont souvent nébuleux. La Francophonie: culturelle ou politique? Les objectifs de la Francophonie ont d'abord été liés à la coopération culturelle et technique. Puis, en développant sa dimension politique, elle s'est intéressée à l'ensemble des grands enjeux politiques et économiques. Stéphane Paquin, professeur de sciences politiques à l'Université de Sherbrooke, explique que deux grandes écoles s'affrontent sur l'avenir de la Francophonie. L'une prône un rôle plus important sur les questions de droits de l'homme et de sécurité humaine, alors que l'autre estime que la Francophonie doit se concentrer sur le rayonnement du français. La position du Québec Invitée à présenter les priorités du Québec à quelques jours du Sommet, la ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, Monique Gagnon-Tremblay, évoque l'environnement et la langue française, sans donner de détails sur les objectifs du gouvernement. Elle affirme que « le Québec aura des projets futurs pour certains pays », mais que son gouvernement attendra la fin du Sommet pour dévoiler ses propositions. À titre de co-hôte du XIIe Sommet de la Francophonie, le gouvernement du Québec a participé à l'élaboration du programme. C'est d'ailleurs à sa demande que les membres de l'organisation aborderont le thème de l'environnement, en dépit des visions différentes entre les gouvernements québécois et canadien à ce sujet. La ministre n'associe toutefois pas cette prise de position à une volonté d'allonger la liste de priorités de la Francophonie. Elle explique que « le Québec n'est pas contre l'élargissement, mais prône actuellement l'approfondissement. » La position du Canada Le gouvernement canadien est resté muet quant à ses objectifs et à son plan d'action pour le Sommet de Québec. Les partenaires du Canada ont été très déçus de l'offre canadienne dans la préparation [du Sommet de Québec], et ça n'a rien à voir avec la campagne électorale. — Jean-Louis Roy, secrétaire général de l'Agence de la Francophonie de 1990 à 1998 Stéphane Paquin, professeur à l'Université de Sherbrooke, explique que, traditionnellement, le Canada privilégie les enjeux politiques par rapport aux enjeux culturels, qui sont de compétence provinciale. Pour une Francophonie culturelle Selon Louise Beaudoin, ancienne ministre québécoise des Relations internationales, la Francophonie doit concentrer ses efforts sur la promotion de la langue française et des enjeux culturels. Il faut mettre le paquet sur la langue française. — Louise Beaudoin Elle estime que l'organisation n'a d'autre choix que de promouvoir le français si elle souhaite que sa langue figure parmi les « langues relais monde ». Pour ce faire, Mme Beaudoin croit que la Francophonie doit exiger davantage de ces membres afin qu'ils s'expriment en français dans les organisations internationales. En français, svp!À Bucarest en 2006, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OIF se sont engagés à s'exprimer en français dans les organisations internationales et régionales qui le permettent, à moins qu'ils puissent s'exprimer dans leur(s) langue(s) nationale(s). Par ailleurs, Mme Beaudoin estime que la Francophonie fait un travail de coopération important dans les pays en voie de développement. Lors d'une récente mission consacrée à l'avenir du français au Liban, elle a pu constater que les centres de lecture et d'animation culturelle (CLAC) du Liban permettent à de nombreux jeunes de se réunir dans un environnement francophone. « Il y avait là de la véritable animation culturelle. Honnêtement, des jeunes chiites, des jeunes sunnites, des jeunes chrétiens, il ne doit pas y avoir tant de lieux [...] au Liban, à l'heure actuelle, où on peut voir ça. » Écoutez l'extrait Culturelle ET politique Jean-Louis Roy, secrétaire général de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie de 1990 à 1998, refuse de croire que la Francophonie doit choisir entre le culturel et le politique. Il estime que la Francophonie doit nécessairement travailler sur les deux fronts. La défense et la promotion de la langue française: une priorité?Le français a le statut de langue officielle dans 32 des 55 États et gouvernements membres de la Francophonie. De ce nombre, le Canada compte pour trois puisque le Québec et le Nouveau-Brunswick ont leur propre siège. Diversité linguistique: nouveau cheval de bataille de la Francophonie? Jean-François Lisée, directeur exécutif du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal, croit pour sa part que la Francophonie devrait promouvoir une convention sur la diversité linguistique, à l'image de la convention sur la diversité culturelle adoptée par l'UNESCO en 2005, et pour laquelle la Francophonie a joué un rôle de premier plan. La diversité linguistique est passée sous silence au Sommet de Québec. De la parole aux actesLes engagements de la Francophonie ne se transposent pas nécessairement en actions concrètes pour tous les membres. Alors que l'organisation a joué un rôle de premier plan en faveur de l'adoption d'une convention pour protéger et promouvoir la diversité culturelle, 27 des 68 membres et observateurs de la Francophonie ne font pas encore partie de la Convention adoptée à l'UNESCO en 2005. Fil international en continuMis à jour il y a 39 minutesCorrespondants à l'étranger
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