Le XIIe Sommet de la Francophonie s'est tenu à Québec du 17 au 19 octobre 2008. Plus d'une trentaine de chefs d'État ont participé à cette rencontre bisannuelle de la diplomatie francophone.
Quatre grands thèmes ont été abordés au Sommet de Québec:
Déclaration finale
La déclaration finale des 55 pays membres, en 73 points, sur 7 pages, comprend peu d'engagements concrets, mais plutôt des appuis et des déclarations d'intention.
Économie, crise financière et crise alimentaire
Les pays membres soutiennent:
Environnement
Les pays membres soutiennent:
Défense de la langue française
Les pays membres soutiennent:
Paix, démocratie et État de droit
Les pays membres soutiennent:
Pourquoi réunir les pays francophones?
Lorsqu'ils se rencontrent aux deux ans, les chefs d'État et de gouvernement membres de la Francophonie s'entendent sur les priorités de l'organisation. Longuement préparés, les Sommets réservent généralement peu de surprises. La déclaration finale est écrite avant l'ouverture des travaux; il ne reste qu'à regrouper les signatures.
Jean-Louis Roy, ancien secrétaire général de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie, refusait toutefois de spéculer sur les retombées du Sommet avant sa tenue. « On ne sait jamais ce que des dizaines de chefs d'État réunis peuvent faire. »
M. Roy rappellait que, lors du premier Sommet de Québec, en 1987, le premier ministre du Maroc avait proposé la création des Jeux de la Francophonie sans aucune discussion préparatoire, et que la chaîne de télévision francophone TV5 a été créée à partir d'une initiative tout aussi spontanée.
Quelles étaient les attentes du Sommet de Québec?
Les principaux acteurs étaient peu bavards quant à leurs objectifs au Sommet de Québec.
À Québec
Invitée à présenter les priorités du Québec à quelques jours du Sommet, la ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, Monique Gagnon-Tremblay, a évoqué l'environnement et la langue française, sans donner de détails sur les objectifs du gouvernement.
« Le Québec aura des projets futurs pour certains pays », mais que le gouvernement du Québec attendra la fin du Sommet pour dévoiler ses propositions, affirmait-elle.
À titre de co-hôte du XIIe Sommet de la Francophonie, le gouvernement du Québec a participé à l'élaboration du programme. C'est d'ailleurs à sa demande que les membres de l'organisation aborderont le thème de l'environnement, en dépit des visions différentes entre les gouvernements québécois et canadien à ce sujet.
La ministre n'associait toutefois pas cette prise de position à une volonté d'allonger la liste de priorités de la Francophonie. Elle expliquait que « le Québec n'est pas contre l'élargissement, mais prône actuellement l'approfondissement. »
À Ottawa
De son côté, le gouvernement canadien est resté muet quant à ses objectifs et à son plan d'action pour le Sommet de Québec.
En pleine campagne électorale, le premier ministre Stephen Harper avait « d'autres priorités que de s'occuper du Sommet », selon Jean-François Lisée, ex-conseiller aux affaires internationales des premiers ministres québécois Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.
Mais le manque de préparation dépassait la période électorale, selon Jean-Louis Roy.
« Dans le gouvernement actuel du Canada, il n'y a plus personne qui porte le projet francophone solidement », soutenait-il, à quelques jours du Sommet.
« Ce n'est clairement pas un lieu, ce Sommet de la Francophonie, où quelque chose d'essentiel va se passer », disait Jean-François Lisée. « Les signaux envoyés par le pays hôte et le gouvernement hôte ont été tellement mous qu'on comprend pourquoi M. Sarkozy a dit "j'ai autre chose à faire", et qu'il a dit ça avant la crise financière », expliquait M. Lisée.
Le président français, Nicolas Sarkozy, a justifié sa courte visite par son imposante charge de travail en période de crise financière et au moment où, de surcroît, il présidait le Conseil de l'Union européenne.
Comment un gouvernement se prépare-t-il à un sommet?
Jean-François Lisée, directeur exécutif du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal et ex-conseiller aux affaires internationales des premiers ministres québécois Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, explique comment un gouvernement se prépare à un sommet de la Francophonie.