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International En profondeur

Mise à jour le jeudi 19 mars 2009 à 15 h 40

Le Sommet de Québec



Le XIIe Sommet de la Francophonie s'est tenu à Québec du 17 au 19 octobre 2008. Plus d'une trentaine de chefs d'État ont participé à cette rencontre bisannuelle de la diplomatie francophone.

Quatre grands thèmes ont été abordés au Sommet de Québec:

  • Démocratie et État de droit
  • Gouvernance économique
  • Environnement
  • Langue française

Déclaration finale

La déclaration finale des 55 pays membres, en 73 points, sur 7 pages, comprend peu d'engagements concrets, mais plutôt des appuis et des déclarations d'intention.

Conférence de presse finale du 12e Sommet de la Francophonie

Pour en savoir plus

Lisez un résumé de la déclaration finale des membres de la Francophonie réunis à Québec pour un 12e Sommet.

Le Sommet de Québec sur Radio-Canada.ca

Des journalistes de la radio, de la télévision et de Radio-Canada.ca étaient sur place pour couvrir les principaux enjeux.

Lisez les chroniques écrites pendant l'événement.

Tout le contenu audio et vidéo se retrouve dans la rubrique À nos antennes.

Lisez nos nouvelles sur le sommet

Économie, crise financière et crise alimentaire

Les pays membres soutiennent:

  • l'organisation d'un sommet international pour discuter des moyens d'améliorer la transparence, la solidité bancaire, l'intégrité et la gouvernance économique mondiale;
  • l'idée d'un partenariat mondial pour l'alimentation et l'agriculture;
  • une augmentation de l'aide aux pays en développement pour renforcer leurs politiques agricoles nationales, particulièrement en Afrique.

Environnement

Les pays membres soutiennent:

  • les principes du protocole de Kyoto et l'objectif commun de réduire d'au moins 50 % les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2050;
  • l'inclusion des changements climatiques dans les stratégies de développement et dans d'autres prises de décisions.

Défense de la langue française

Les pays membres soutiennent:

  • des garanties pour assurer la pleine reconnaissance de la langue française dans chacun des pays membres, ainsi qu'au niveau international;
  • un renforcement de la place du français dans les systèmes d'éducation, en tout respect des compétences au sein des États. L'idée de la formation à distance des maîtres en Afrique a notamment été évoquée pour que davantage d'enfants africains puissent apprendre le français;
  • des moyens de faciliter la diffusion et l'accessibilité de TV5 Monde.

Paix, démocratie et État de droit

Les pays membres soutiennent:

  • la protection de la liberté de la presse, pour la garantir dans toute la Francophonie et au-delà;
  • le rétablissement rapide de la démocratie et du respect de la Constitution en Mauritanie;
  • la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo, pour oeuvrer à la paix et la stabilité dans la région africaine des Grands Lacs;
  • l'aide humanitaire et à la sécurité des réfugiés et déplacés au Tchad, en République centrafricaine et dans le reste de cette région;
  • les initiatives de paix au Darfour, en interpellant surtout le Soudan et le Tchad;
  • la lutte contre la piraterie menée par les États côtiers du golfe d'Aden et de l'océan Indien;
  • la relance déjà amorcée du processus démocratique au Liban.

Pourquoi réunir les pays francophones?

Lorsqu'ils se rencontrent aux deux ans, les chefs d'État et de gouvernement membres de la Francophonie s'entendent sur les priorités de l'organisation. Longuement préparés, les Sommets réservent généralement peu de surprises. La déclaration finale est écrite avant l'ouverture des travaux; il ne reste qu'à regrouper les signatures.

Jean-Louis Roy, ancien secrétaire général de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie, refusait toutefois de spéculer sur les retombées du Sommet avant sa tenue. « On ne sait jamais ce que des dizaines de chefs d'État réunis peuvent faire. »

M. Roy rappellait que, lors du premier Sommet de Québec, en 1987, le premier ministre du Maroc avait proposé la création des Jeux de la Francophonie sans aucune discussion préparatoire, et que la chaîne de télévision francophone TV5 a été créée à partir d'une initiative tout aussi spontanée.

Quelles étaient les attentes du Sommet de Québec?

Les principaux acteurs étaient peu bavards quant à leurs objectifs au Sommet de Québec.

À Québec

Invitée à présenter les priorités du Québec à quelques jours du Sommet, la ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, Monique Gagnon-Tremblay, a évoqué l'environnement et la langue française, sans donner de détails sur les objectifs du gouvernement.

« Le Québec aura des projets futurs pour certains pays », mais que le gouvernement du Québec attendra la fin du Sommet pour dévoiler ses propositions, affirmait-elle.

À titre de co-hôte du XIIe Sommet de la Francophonie, le gouvernement du Québec a participé à l'élaboration du programme. C'est d'ailleurs à sa demande que les membres de l'organisation aborderont le thème de l'environnement, en dépit des visions différentes entre les gouvernements québécois et canadien à ce sujet.

La ministre n'associait toutefois pas cette prise de position à une volonté d'allonger la liste de priorités de la Francophonie. Elle expliquait que « le Québec n'est pas contre l'élargissement, mais prône actuellement l'approfondissement. »

À Ottawa

De son côté, le gouvernement canadien est resté muet quant à ses objectifs et à son plan d'action pour le Sommet de Québec.

En pleine campagne électorale, le premier ministre Stephen Harper avait « d'autres priorités que de s'occuper du Sommet », selon Jean-François Lisée, ex-conseiller aux affaires internationales des premiers ministres québécois Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.

Mais le manque de préparation dépassait la période électorale, selon Jean-Louis Roy.

« Dans le gouvernement actuel du Canada, il n'y a plus personne qui porte le projet francophone solidement », soutenait-il, à quelques jours du Sommet.

Les partenaires du Canada ont été très déçus de l'offre canadienne dans la préparation [du Sommet de Québec], et ça n'a rien à voir avec la campagne électorale.

— Jean-Louis Roy

« Ce n'est clairement pas un lieu, ce Sommet de la Francophonie, où quelque chose d'essentiel va se passer », disait Jean-François Lisée. « Les signaux envoyés par le pays hôte et le gouvernement hôte ont été tellement mous qu'on comprend pourquoi M. Sarkozy a dit "j'ai autre chose à faire", et qu'il a dit ça avant la crise financière », expliquait M. Lisée.

Le président français, Nicolas Sarkozy, a justifié sa courte visite par son imposante charge de travail en période de crise financière et au moment où, de surcroît, il présidait le Conseil de l'Union européenne.

Dans "visite éclair", il y a d'abord visite.

— Nicolas Sarkozy

Comment un gouvernement se prépare-t-il à un sommet?

Jean-François Lisée, directeur exécutif du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal et ex-conseiller aux affaires internationales des premiers ministres québécois Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, explique comment un gouvernement se prépare à un sommet de la Francophonie.


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