Le procès de l'Angolagate s'ouvre à Paris

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Jean-Christophe Mitterand Jean-Christophe Mitterand, sur les marches du palais de justice   © AFP/Joël Saget

Le procès de ce que les Français appellent « l'Angolagate » s'est ouvert lundi à Paris en présence d'une foule compacte de journalistes.

Au moins 42 personnes, dont plusieurs personnalités politiques françaises, sont soupçonnées d'avoir trempé dans un vaste trafic d'armes avec l'Angola dans les années 1990.

Plus de 42 personnes en tout devront répondre à diverses accusations pour leur implication, à divers degrés, dans un important trafic d'armes à destination de l'Angola.

Au cours de ce procès, qui doit durer cinq mois, la justice française tentera de faire la lumière sur ce vaste scandale et d'établir la responsabilité et le rôle de chacun des accusés.

Selon la poursuite, l'homme d'affaires algérien Pierre Falcone et l'homme d'affaires russo-israélien Arcadi Gaydamak ont vendu, de 1993-1998, plus de 790 millions de dollars d'armes de l'ancien bloc communiste à l'Angola, alors en pleine guerre civile.

Ces ventes d'armes étaient illégales, selon la justice française, qui ajoute qu'elles n'avaient par ailleurs pas reçu les autorisations légales du gouvernement français.

L'affaire pèse lourdement sur les relations entre Paris et Luanda.

Plusieurs personnalités éclaboussées

Charles Pasqua L'ex-ministre de l'Intérieur français, Charles Pasqua   © AFP/Martin Bureau

Parmi les accusés dans cette affaire figurent de gros noms, dont Jean-Christophe Mitterand, le fils de l'ancien président François Mitterand, le romancier Paul-Loup Sulitzer, l'ancien conseiller présidentiel Jacques Attali ainsi que l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua. Ils sont tous soupçonnés par la justice française d'avoir touché des pots-de-vin dans cette affaire.

L'un des plus importants accusés dans le dossier, Arcadi Gaydamak, n'était pas présent à l'ouverture des audiences. L'homme, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international, est actuellement réfugié en Israël.

Son avocat, Me William Goldnadel, a fait savoir que son client pourrait se présenter devant la Cour en novembre, mais qu'il n'était pas question qu'il fasse un jour de prison, car il n'a commis selon lui aucun délit.

En effet, selon les avocats de la défense, il n'y a pas matière à procès en France puisque les armes n'ont jamais transité par la France.

Le gouvernement angolais a par ailleurs ajouté ses arguments à ceux de la défense en annonçant lundi, par la voix de son avocat à Paris, la tenue d'un recours pour empêcher la poursuite de ce procès en invoquant « le respect du secret défense ».

Bien qu'aucun Angolais n'ait été appelé devant la justice française dans cette affaire, l'accusation estime qu'une trentaine de politiciens et de haut placés angolais, dont le président Eduardo Dos Santos, auraient reçu d'importants pots-de-vin dans cette affaire.

Correspondants
à l’étranger

  • Luc Chartrand
    Luc Chartrand

    Vidéo -  Présidentielles en Égypte : les candidats au second tour

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    Audio -  Massacre de Houla : les Occidentaux veulent accentuer la pression sur Damas

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  Élections égyptiennes : les inquiétudes des coptes

Tous les correspondants

Facebook