Sarah Palin à l'attaque

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse

Le candidat républicain à la présidence des États-Unis, John McCain, et sa colistière Sarah Palin ont amorcé samedi un virage plus agressif dans leur campagne à la Maison-Blanche.

La colistière républicaine accuse le candidat démocrate à la présidence de liens avec un terroriste anti-Vietnam connu. Les démocrates accusent les républicains de vouloir détourner l'attention de l'économie.

Sarah Palin, candidate républicaine à la vice-présidence, en campagne à Carson au Colorado Sarah Palin   © AFP/Jewel Samad

L'attaque la plus virulente est venue de Mme Palin, qui a accusé le candidat démocrate Barack Obama de sympathiser avec des terroristes. Elle faisait référence à un article du New York Times qui rapportait que M. Obama et Bill Ayers, militant contre la guerre au Vietnam ayant participé à la fondation du groupe terroriste Weathermen, s'étaient croisés dans le passé.

M. Ayers, devenu professeur et voisin du sénateur démocrate dans le secteur de Hyde Park, à Chicago, avait travaillé avec M. Obama sur des projets éducatifs. Des témoignages recueillis par le New York Times ont toutefois semblé indiquer que les deux hommes n'avaient jamais été proches.

Barack Obama a notamment qualifié Bill Ayers d'homme « ayant commis des actes détestables il y a 40 ans, lorsque j'avais 8 ans ». M. Ayers aurait notamment lancé des campagnes d'attentats visant le Pentagone et le Capitole, en 1969.

Mais Sarah Palin a dit plutôt y voir une preuve de la vision différente, voire dangereuse, qu'aurait Barack Obama des États-Unis. « Voilà quelqu'un qui voit une Amérique tellement imparfaite qu'il est prêt à copiner avec des terroristes qui ont ciblé leur propre pays », a-t-elle déclaré.

« Ce sont ces mêmes gens qui croient que payer plus de taxes est un acte patriotique. Ce n'est pas un homme qui voit l'Amérique comme vous et moi - comme la plus grande force du bien dans le monde », a ajouté Mme Palin.

Réplique des démocrates

Barack Obama, candidat démocrate à la présidence, en campagne à Newprt News, en Virginie Barack Obama   © AFP/Stan Honda

Un porte-parole de Barack Obama a rétorqué que l'article du New York Times auquel Mme Palin faisait référence montrait justement que le sénateur démocrate n'était pas proche de Bill Ayers. « Ce qui est clair, c'est que John McCain et Sarah Palin préfèrent passer leur temps à détruire la réputation de Barack Obama, plutôt qu'à élaborer un plan pour aider à reconstruire notre économie », a déclaré Hari Sevugan.

Lors d'une assemblée en Virginie, devant 18 000 personnes, Barack Obama est lui-même passé à l'attaque en accusant John McCain de présenter une « coquille vide » aux électeurs avec son plan prévoyant un crédit d'impôt de 5000 $ aux familles pour les soins médicaux. « Comme dans ces publicités pour les médicaments, il faut lire les petites lignes en bas pour comprendre le reste de l'histoire, pour trouver quels sont les effets secondaires », a déclaré M. Obama.

Le porte-parole de John McCain a rétorqué que le plan des républicains réduirait les coûts en encourageant la compétition entre les assureurs. Celui d'Obama verrait plutôt le gouvernement mettre en place une « large bureaucratie » pour assurer une assurance santé à tous.

« En ce jour où l'on a appris les liens entre Barack Obama et un terroriste national, notre adversaire démocrate a eu l'audace de qualifier le plan de John McCain en matière de santé de "radical". Les Américains savent reconnaître ce qui est radical, et John McCain n'est pas le candidat dont ils devraient s'inquiéter dans le cadre de cette élection », a déclaré Tucker Bounds.

Sur 300 millions d'Américains, 46 millions ne bénéficient pas d'une assurance santé.

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