![]() International Golfe d'Aden L'Europe veut en finir avec les piratesMise à jour le jeudi 2 octobre 2008 à 11 h 15
Les ministres de la Défense de plusieurs pays de l'Union européenne jonglent avec l'idée de mener une opération militaire au large des côtes somaliennes pour venir à bout des pirates qui menacent la navigation commerciale dans le golfe d'Aden. Réunis à Deauville, en France, les ministres européens semblent s'entendre, pour l'instant, sur le principe d'une intervention armée et, surtout, sur l'importance d'agir rapidement. Le ministre allemand de la Défense, Franz Josef Jung, a précisé que l'Union européenne travaillait actuellement sur un plan prévoyant le déploiement dans le golfe d'Aden d'une flotte composée de trois frégates, d'un navire de ravitaillement et de trois autres navires de surveillance. Ces vaisseaux iraient rejoindre les bâtiments de guerre américains déjà déployés dans le secteur. La présence de navires militaires occidentaux s'impose de plus en plus pour assurer la protection de l'une des routes maritimes les plus fréquentées du monde et qui permet au pétrole arabe d'être transporté vers l'Europe, en passant par le canal de Suez. Selon le Bureau maritime international, une organisation qui représente l'industrie maritime, le golfe d'Aden, un étroit bras de mer coincé entre la péninsule arabique et l'Afrique et qui permet de passer de la mer Méditerranée à l'océan Indien, est le théâtre de plus en plus d'attaques de pirates depuis plusieurs mois. Il est difficile d'évaluer le nombre exact d'attaques, les armateurs choisissant bien souvent de ne pas divulguer les attaques contre leurs navires et préférant payer une rançon aux pirates plutôt que de risquer de voir leurs primes d'assurance s'envoler. Le BMI estime toutefois qu'une soixantaine de bateaux ont été attaqués dans ces eaux depuis janvier dernier. Et un rapport du groupe de réflexion britannique Chatham House évalue que les pirates somaliens ont reçu entre 18 et 30 millions de dollars de rançon lors de la même période. Ces sommes, si elles permettent à certains pirates de devenir très riches, permettent aussi de financer l'insurrection islamiste qui mène une impitoyable guerre contre le gouvernement transitoire somalien. Des experts craignent aussi que, si l'Occident ne parvient pas à mettre fin aux actes de piraterie dans cette zone, les armateurs soient forcés, à terme, d'éviter le golfe d'Aden. Ainsi, un pétrolier partant de la péninsule arabique pour l'Europe, par exemple, serait obligé de redescendre vers l'extrême sud de l'Afrique, de contourner le cap de Bonne-Espérance, pour ensuite remonter vers le nord jusqu'au détroit de Gibraltar. Cette route, bien plus longue, augmenterait considérablement le coût du transport. Les négociations se poursuivent
Et sur le terrain, les pirates qui ont saisi le 25 septembre dernier un cargo ukrainien, le Faina, chargé d'armes au large de la Somalie continuaient toujours, jeudi, de négocier une rançon sous la surveillance de la marine de guerre américaine. Ces pirates, qui disent vouloir lutter « contre les vrais pirates qui transportent des armes dans les eaux de Somalie et qui méritent d'être mis à l'amende », exigent une rançon de 20 millions de dollars contre la remise du navire à ses propriétaires. Les islamistes somaliens ont quant à eux fait irruption dans les négociations, jeudi, en appelant les pirates à détruire la cargaison du navire ou, plus simplement, à couler le Faina. Selon un porte-parole des islamistes, le cheikh Mukhtar Robow, les 33 chars d'assaut ukrainiens et les autres armes que transportait le Faina étaient destinés à l'Éthiopie pour qu'elle s'en serve dans sa guerre contre eux. La destination finale de la controversée cargaison du Faina fait l'objet de beaucoup de spéculation. Officiellement, selon l'Ukraine et le gouvernement kényan, les armes étaient destinées à l'armée kényane. Selon les pirates et plusieurs autres observateurs, les armes devaient plutôt être redirigées vers un acheteur au Soudan du Sud.
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters Console Audio-vidéo
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