Le candidat démocrate à la présidence des États-Unis, Barack Obama, a sensiblement accru son avance sur son adversaire républicain John McCain dans trois des États-clés, soit la Floride, l'Ohio et la Pennsylvanie, indique un sondage de l'Université Quinnipiac.
Un nouveau sondage révèle que le candidat démocrate est solidement en tête en Floride, en Ohio et en Pennsylvanie. Les électeurs, et notamment les indépendants, ont changé leur fusil d'épaule depuis trois semaines.
La respectée maison de sondage de l'institution lui accorde 15 points d'avance en Pennsylvanie, 8 en Floride et 8 en Ohio. Si ces résultats devaient se confirmer le 4 novembre, Barack Obama récolterait 68 des 270 grands électeurs dont il a besoin pour être élu.
Barack Obama, lors d'un évènement tenu à Reno, au Nevada.
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AFP/Stan Honda
Ce scénario constituerait un important renversement de tendance par rapport à 2004: George W. Bush avait en effet remporté la Floride et l'Ohio. Selon l'Université Quinnipiac, aucun candidat n'a remporté la présidentielle sans avoir enlevé au moins deux des trois États faisant l'objet du sondage depuis un demi-siècle.
L'enquête d'opinion, effectuée auprès de plus de 830 électeurs dans chacun des trois États du 27 au 29 septembre, indique que les négociations sur le plan de sauvetage et le débat présidentiel n'ont pas aidé John McCain, bien au contraire: le sénateur Obama a accru son avance sur lui de 8 points de pourcentage en Pennsylvanie, 2 points en Floride et 1 point en Ohio.
En fait, 84 % des électeurs dans chacun des États soutiennent que le débat n'a pas modifié leur opinion. Néanmoins, Barack Obama est donné gagnant par les électeurs des trois États par une marge variant de 13 % à 17 %. Chez les électeurs indépendants, particulièrement convoités par les deux camps, cet écart varie de 15 % à 27 %.
Cette tranche cruciale de l'électorat s'est en fait ralliée en grand nombre au sénateur de l'Illinois en tout juste trois semaines. Le 11 septembre, McCain obtenait la faveur des indépendants dans les trois États: il menait par 7 points en Floride, 4 points en Ohio et 1 point en Pennsylvanie. Le candidat républicain tire aujourd'hui de l'arrière par 4 points en Floride, 4 points en Ohio et un incroyable 30 points en Pennsylvanie.
Un porte-parole de la maison de sondage de l'Université, Peter Brown, indique qu'il est difficile de trouver une élection présidentielle moderne qui a changé de façon si dramatique si rapidement. Les électeurs jugent que le sénateur Obama a clairement remporté le débat, dit-il, et John McCain aura fort à faire pour renverser la tendance actuelle.
« Leur opinion de la gouverneure Sarah Palin, [la colistière de John McCain], baisse et les difficultés de Wall Street ont eu l'effet d'un coup de poignard pour John McCain. Environ un tiers des électeurs, et une proportion presque aussi importante d'indépendants, disent que McCain a fait plus de tort que de bien en tentant de résoudre la crise financière et le nombre d'électeurs qui jugent que l'économie est le sujet principal de l'élection a augmenté pour atteindre une proportion d'environ 6 sur 10 », conclut Peter Brown.
« Ces sondages sont risibles », indique un communiqué du clan McCain, qui souligne que les sondages nationaux indiquent qu'Obama mène par 2, 4, voire 6 points sur McCain. Comment peut-on avoir des résultats nationaux comme ceux-là, et avoir ces résultats dans trois des États les plus populeux et les plus concurrentiels de la course? ». Le clan McCain croit que les résultats en Floride, en Ohio et en Pennsylvanie devraient être similaires, sinon plus serrés, que ceux recensés à l'échelle nationale.
L'élection présidentielle du 4 novembre se jouera dans environ une douzaine d'États-clés. Cette liste varie selon les grands médias américains, mais, outre les trois États qui ont fait l'objet de ce sondage, elle comprend le plus souvent le Minnesota, le Montana, le Nevada, le Colorado, le Wisconsin, le New Hampshire, le Nouveau-Mexique, le Michigan, le New Jersey, l'Oregon et l'État de Washington.
Le sondage de l'Université Quinnipiac a une marge d'erreur de 3,4 %.