L'économie, toujours au premier plan

L'état de l'économie américaine continue de dominer le débat présidentiel, lundi, au lendemain du dévoilement par le gouvernement d'un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars destiné à stabiliser les marchés financiers. À moins d'un revirement de situation, le sujet risque fort d'occuper toute la place d'ici à ce que les deux aspirants à la Maison Blanche s'affrontent, vendredi, dans le premier de trois débats télévisés.

Le plan de sauvetage de l'économie annoncé par le gouvernement en fin de semaine monopolise l'attention de John McCain et Barack Obama.

John McCain, lors de son discours à Scranton John McCain, lors de son discours à Scranton   © AFP/Mandel Ngan

L'économie demeure le principal sujet de préoccupation des Américains, loin devant les questions de sécurité nationale. Pour John McCain et Barack Obama, l'objectif est simple: être considéré comme le candidat le plus apte à remettre l'économie sur les rails.

À Scranton, en Pennsylvanie, le républicain John McCain a entrepris la semaine en exprimant des réserves sur le plan du gouvernement. « Cet arrangement me met profondément mal à l'aise. Quand nous parlons de milliers de millions de dollars de deniers publics, "faites-moi confiance" n'est pas une réponse suffisante. »

McCain a répété ce qu'il avait déjà déclaré dimanche, à savoir qu'il est inquiet qu'une seule personne [NDLR: le secrétaire au Trésor, Henry Paulson] ait le pouvoir sans précédent de dépenser 1000 milliards de dollars. Un comité de surveillance devrait être créé pour superviser l'action du gouvernement, dit-il, en suggérant même les noms de trois hommes d'affaires qui pourraient en faire partie: Warren Buffet, le maire de New York Michael Bloomberg et un ex-candidat républicain à la présidence, Mitt Romney.

McCain, qui critique vertement les ponts d'or dont bénéficient les hauts dirigeants des institutions financières aujourd'hui en difficulté, a aussi répété ce qu'il avait déjà avancé dimanche: le président et chef de la direction d'une entreprise renflouée avec des deniers publics ne devrait pas gagner davantage que la personne la mieux payée au sein du gouvernement fédéral.

Le sénateur de l'Arizona croit en outre que tous les détails d'une opération de sauvetage d'une entreprise donnée devraient être rendus disponibles dans Internet afin que le public y ait accès.

Obama à Green Bay

Le candidat démocrate Barack Obama a pour sa part abordé le sujet lors d'un discours sur l'économie, lundi après-midi, à Green Bay, au Wisconsin, autre État-clé dans la course à la présidentielle. Il a réitéré que le plan du gouvernement devait prendre en compte les travailleurs américains, et non seulement Wall Street.

« Aujourd'hui, pendant que le Congrès débat d'un plan d'urgence pour sauver notre économie, on entend que des lobbyistes et des présidents-directeurs généraux tentent de déterminer ce qu'ils peuvent en tirer », a-t-il lancé.

M. Obama a multiplié les appels à la « réforme » du système financier, reprenant ainsi à son compte un concept exploité avec insistance par le clan républicain. Il a notamment plaidé en faveur d'une surveillance accrue des institutions financières par le gouvernement et à une réforme des organismes fédéraux de règlementation.

Dimanche, Barack Obama avait déclaré que l'administration Bush a « seulement proposé un concept avec un coût stupéfiant, mais pas un plan ».

« Je ne crois pas que ça puisse être un chèque en blanc », a-t-il précisé sur les ondes de CNBC. « Nous pouvons mettre sur pied un système où il y aurait un observateur indépendant, peut-être le président du conseil d'administration de la Réserve fédérale, et les républicains et les démocrates pourraient y nommer quelqu'un. »

La semaine dernière, Barack Obama s'est vigoureusement attaqué à la philosophie économique qui a régné à Washington au cours des huit dernières années, philosophie à laquelle il associe son adversaire républicain John McCain. Ce dernier montre plutôt du doigt l'avidité des dirigeants de Wall Street, qui doivent, dit-il, faire l'objet d'une enquête.

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