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ABC News
Les premiers extraits des entrevues accordées par Sarah Palin au réseau ABC ont révélé que la candidate républicaine à la vice-présidence ne sait pas à quoi réfère la « doctrine Bush ».
Dans le cadre d'une entrevue, Sarah Palin peine à définir à quoi réfère la « doctrine Bush ». Elle admet aussi être en désaccord avec John McCain au sujet du forage dans la réserve faunique de l'Alaska.
Lorsque le journaliste Charles Gibson lui a demandé si elle était d'accord avec cette doctrine, Mme Palin a tenté de gagner du temps avant d'assimiler cette politique à la lutte contre l'islamisme radical. Elle a profité de l'occasion pour éloigner quelque peu la campagne républicaine des politiques du président Bush, en déclarant que « des bourdes avaient été commises » dans le cadre de cette guerre.
Lorsque M. Gibson est revenu à la charge en expliquant ce qu'était la doctrine, Mme Palin a répondu que sa priorité, et celle de John McCain, seraient de défendre les États-Unis. Elle a ensuite ajouté que, s'il y a assez d'informations selon lesquelles les États-Unis sont sur le point d'être attaqués, « nous avons le droit de défendre notre pays ».
Dans une seconde série d'extraits diffusés plus tard en soirée, Mme Palin a admis sans ambages qu'elle n'était pas du même avis que le sénateur McCain au sujet de l'exploration pétrolière dans la réserve faunique de l'Alaska. « Nous sommes d'accord pour être en désaccord là-dessus, mais je vais continuer à faire pression [en faveur de ce projet], et je crois que nous finirons par nous entendre », a-t-elle dit.
Mme Palin s'est également rétractée en partie sur une précédente déclaration au sujet du réchauffement climatique. Après avoir dit à la fin d'août qu'elle ne croyait pas que l'homme était responsable de ce phénomène, elle a déclaré croire, jeudi, que « les activités humaines peuvent certainement y contribuer ». Elle a plus tard ajouté que John McCain et elle s'entendaient pour lutter contre ce phénomène, peu importe qu'il « soit entièrement, totalement causé par les activités humaines, où qu'il s'agisse d'un phénomène cyclique ».
Les extraits diffusés jeudi ont été réalisés avant et après le départ du fils aîné de Mme Palin, Track, pour l'Irak. D'autres extraits de cette entrevue, la première qu'accorde Mme Palin depuis sa nomination, le 29 août, seront diffusés vendredi soir.
Voici quelques autres sujets abordés lors de ces premières entrevues:
Sa capacité à diriger le pays
D'entrée de jeu, Charles Gibson a demandé à Mme Palin si elle était prête à être présidente, au cas où elle devrait remplacer John McCain, un homme de 72 ans qui a déjà été atteint du cancer. Elle a répondu que oui, avant d'ajouter qu'elle n'avait pas hésité une seconde lorsque le sénateur de l'Arizona lui a demandé d'être sa colistière.
Interrogée sur ses connaissances en matière de politique étrangère, domaine dans lequel ses adversaires et de nombreux analystes l'estiment particulièrement inexpérimentée, elle a admis qu'elle n'avait visité que le Canada et le Mexique, avant de se rendre en Allemagne et au Koweït, l'an dernier, pour rencontrer les troupes américaines.
Elle a aussi reconnu qu'elle n'avait jamais rencontré un chef d'État étranger, mais a estimé que c'était probablement le cas de plusieurs anciens vice-présidents. Selon ABC News, les vice-présidents américains qui ont été en poste au cours des 32 dernières années avaient en fait déjà rencontré au moins un chef d'État d'étranger avant d'entrer en fonction.
La Russie
À propos du conflit en Géorgie, Mme Palin a déclaré que les États-Unis devaient garder « un oeil sur la Russie ». Elle estime que Moscou a attaqué la Géorgie « sans provocation » et juge qu'il s'agit d'une situation inacceptable.
Elle s'est également dite en faveur de l'adhésion de la Géorgie et de l'Ukraine à l'OTAN, même si cela signifiait que les États-Unis pourraient avoir à les défendre, advenant une éventuelle invasion russe. Il faut néanmoins, à son avis, entretenir de bonnes relations avec la Russie, afin d'éviter une nouvelle guerre froide.
L'affirmation selon laquelle la Russie a attaqué la Georgie « sans provocation » est loin d'être communément admise. La Russie a attaqué la Géorgie après que Tbilissu eut mené une offensive contre la république séparatiste d'Ossétie du Sud. Les évènements qui ont entraîné cette offensive restent nébuleux.
Israël et l'Iran
Au sujet de l'Iran, elle a déclaré que des armes nucléaires dans les mains du régime du président Mahmoud Ahmadinejad constitueraient une menace pour le monde entier. Selon elle, l'Iran ne chercherait pas nécessairement à se servir de ces armes, mais pourrait les refiler à des groupes terroristes.
Elle a ajouté qu'il fallait « mettre de la pression sur l'Iran », sans préciser davantage sa pensée.
À savoir si les États-Unis devraient appuyer Israël, si l'État hébreu, se sentant menacé, décidait d'attaquer la République islamique, Mme Palin a refusé de donner une réponse claire. Elle a dit qu'il à plusieurs reprises qu'il ne fallait pas « remettre en question » les décisions d'Israël.
L'Irak: une mission divine?
Charles Gibson a également questionné Sarah Palin au sujet d'une précédente déclaration effectuée dans une église pentecôtiste au sujet de la guerre en Irak, qu'elle qualifiait de « mission divine ». La déclaration a été filmée et circule largement dans Internet.
La colistière de M. McCain a répondu qu'elle paraphrasait une célèbre citation de l'ancien président Abraham Lincoln. « Ne prions pas pour que Dieu soit de notre côté, en temps de guerre ou à tout autre moment, mais prions plutôt pour que nous soyons du côté de Dieu », a-t-elle dit.
À savoir si les États-Unis pouvaient mener des opérations antiterroristes au Pakistan avec ou sans l'autorisation d'Islamabad, elle a encore une fois louvoyé, forçant Gibson à revenir à la charge. Mme Palin a finalement répondu que toutes les options devaient être envisagées.