« L'effet hamburger »: la destruction de la forêt amazonienne au profit du zébu conquérant
Je me suis rendue en Amazonie pour illustrer le grave problème de la déforestation, une des principales causes du réchauffement de la planète.
Pas moins de 60 % de la forêt amazonienne se trouve au Brésil, où on continue de la raser afin d'en faire des pâturages pour l'élevage de bétail et des champs pour la culture de soja.
J'ai commencé et terminé mon reportage à Belem, la capitale du Para, un des États où la jungle est le plus menacée. Belem, qui a connu un essor fulgurant grâce au caoutchouc, est devenue un carrefour commercial depuis la construction, il y a 30 ans, de la voie qui la relie à Brasilia.
Conçue pour favoriser le développement de la région, la BR 10 est maintenant le symbole de la déforestation. Sur une bande de 200 kilomètres aux côtés de la route, la forêt a disparu, les arbres laissant leur place aux scieries, aux fermes et aux usines artisanales qui fabriquent du charbon.
Ginette Lamarche
Ginette Lamarche raconte son périple en Amazonie:
Le chaos du trafic maritime sur un des plus longs fleuves au monde, l'Amazone
Belem est un carrefour commercial important pour les 25 millions d'habitants de l'Amazonie. Tous les bateaux marchands venant du sud prennent la voie maritime de l'Amazone et de ses affluents pour desservir les centaines de villages et de villes qui se trouvent sur les rives du fleuve ainsi que sur ses 400 îles.
On achemine de tout sur l'Amazone: du pétrole au grain, en passant par les minerais, sans compter la nourriture, les médicaments ou les électroménagers destinés à ceux qui n'ont accès à aucune route. Leur seul moyen de déplacement, c'est le fleuve.
Chaque mois, près de 3 millions de personnes utilisent le transport fluvial. Or, les autorités brésiliennes ne peuvent contrôler cette intense activité. De surcroît, beaucoup de gens construisent eux-mêmes leur embarcation en faisant fi des normes de sécurité. Les disparitions dans le fleuve sont courantes, tout comme les accidents de bateau. Il arrive notamment que des passagers, surtout des femmes, se fassent scalper lorsque leur chevelure s'enroule dans l'hélice du moteur.
Je vais donc vous décrire les périls de cette navigation dans un cadre par ailleurs grandiose.
Ginette Lamarche