Varsovie « franchit le Rubicon »

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Signature de l'entente L'entente a été signée jeudi à Varsovie.   © AFP/TOMASZ GZELL

La Pologne et les États-Unis ont conclu un accord qui prévoit l'implantation en sol polonais d'éléments d'un bouclier antimissile.

La Pologne et les États-Unis signent un accord pour implanter des intercepteurs de missiles en sol polonais, au grand dam de Moscou qui y voit un acte de provocation.

Ce système de défense, capable de détruire en vol d'éventuels missiles balistiques à longue portée, est présenté par Washington comme visant à protéger tant l'Europe que les États-Unis contre les menaces des « États voyous ».

Ainsi, d'ici 2012, une dizaine d'intercepteurs devraient avoir été installés en sol polonais.

Ce système est lié à un puissant radar qui sera, lui, installé en République tchèque. Un accord a déjà été signé avec ce pays en juillet dernier même si le Parlement de Prague doit encore donner son accord à ce sujet.

Une question de sécurité

L'accord a été signé à Varsovie par le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Andrzej Kremer, et le négociateur américain John Rood. L'agence Reuters rapporte que juste avant la signature, le premier ministre polonais, Donald Tusk, a déclaré avoir « franchi le Rubicon ».

« Nous avons finalement fait valoir notre point de vue selon lequel la Pologne, qui est un partenaire essentiel au sein de l'OTAN, un ami et un allié important des États-Unis, doit aussi vivre en sécurité. » — Donald Tusk

La Pologne tourne ainsi définitivement le dos à la Russie, après avoir été un des piliers du pacte de Varsovie, jusqu'à l'effondrement de l'URSS. Des sources autorisées, citées par Reuters, ajoutent que l'accord prévoit que Washington viendra militairement en aide à la Pologne si celle-ci est menacée par un pays tiers. Une base permanente américaine sera en outre installée en Pologne.

Les observateurs s'entendent pour dire que l'installation du bouclier antimissile risque d'augmenter les tensions entre la Russie et l'Occident, déjà vives en raison du conflit en Géorgie.

Moscou a d'ailleurs menacé, à plusieurs reprises, par le passé, de prendre des mesures de rétorsion contre ses anciens alliés s'ils acceptaient d'héberger le système antimissile américain.

Pour sa part, la porte-parole de la Maison-Blanche Dana Perino a déclaré que le président américain George W. Bush est très satisfait de cet accord.

Correspondants
à l’étranger

  • Luc Chartrand
    Luc Chartrand

    Vidéo -  Présidentielles en Égypte : les candidats au second tour

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    Audio -  Massacre de Houla : les Occidentaux veulent accentuer la pression sur Damas

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  Élections égyptiennes : les inquiétudes des coptes

Tous les correspondants

Facebook