Dimanche 12 février 2012 9 h 06 HNE

Logo Radio-Canada

International Afrique du Sud

Procès crucial pour Zuma

Mise à jour le lundi 4 août 2008 à 8 h 24

Le nouveau président du Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma, doit répondre à des accusations de corruption, de fraude, de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale dans le cadre d'un procès qui s'est ouvert lundi, à Pietermaritzburg, dans le sud-est de l'Afrique du Sud.

M. Zuma, considéré comme le grand favori pour remporter la présidentielle de 2009, se dit innocent. Il a déjà fait savoir qu'il démissionnerait de ses fonctions de président de l'ANC s'il était reconnu coupable, mais pas avant. Pour l'heure, ses avocats tentent de faire casser les procédures.

Jacob Zuma, à son arrivée au palais de justice

Photo: AFP/Gianluigi Guercia

Jacob Zuma, à son arrivée au palais de justice

Celui qui a succédé à Thabo Mbeki en décembre dernier est accusé d'avoir reçu des centaines de milliers de dollars de la part du marchand d'armes français Thint, une filiale de Thales, autrefois connue sous le nom de Thomson-CSF.

Zuma est soupçonné d'avoir lui-même demandé environ 45 000 $ par année à Thint, en échange de sa protection lors d'enquêtes sur les contrats d'armement du pays.

Ce n'est pas la première fois que Zuma doit se défendre pour son implication dans la gestion d'un programme d'achat d'équipements militaires évalué à plus de 4,5 milliards de dollars.

Un premier procès a été intenté contre lui en 2005 après que son conseiller financier eut été reconnu coupable de corruption et de fraudes et condamné à 15 ans de prison. Les accusations contre Zuma ont toutefois été abandonnées pour des raisons techniques.

Bien que Jacob Zuma n'ait pas été reconnu coupable de quoi que ce soit, le scandale n'est pas resté sans conséquence pour lui. La condamnation de son bras droit a incité le président Thabo Mbeki à le démettre de ses fonctions de vice-président de l'ANC. Les deux hommes, jusqu'alors alliés, sont devenus des ennemis et leur bras de fer s'est transporté jusqu'à la course à la direction de l'ANC, en décembre.

Historique de l'ANC

M. Zuma, personnage charismatique et très populaire auprès des plus pauvres, a finalement infligé une sévère défaite à l'actuel président du pays de 44 millions d'habitants en récoltant 60,7 % des suffrages lors du congrès du parti, le 18 décembre dernier.

De nouvelles accusations ont été déposées contre lui 10 jours après son triomphe, de sorte que ses partisans n'hésitent pas à dire qu'elles sont motivées par des considérations politiques.

La semaine dernière, les avocats de M. Zuma ont subi une défaite importante dans ce qui s'annonce comme une guerre de tous les instants contre le procureur. La Cour constitutionnelle du pays a en effet jugé que ce dernier pouvait utiliser 93 000 pages de documents saisis par la police dans le cadre de son enquête.

Des centaines de partisans de Jacob Zuma se sont rassemblés à proximité du palais de justice de Pietermaritzburg pour le soutenir. Le Congrès national africain soutient activement son chef: de nombreux manifestants sont arrivés sur les lieux dans des autobus affrétés par le parti. Lors du premier procès, Zuma bénéficiait d'un appui populaire indéniable, mais le parti s'était tenu à l'écart.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Reuters et Globe and Mail

Besoin d'aide?