Dimanche 12 février 2012 8 h 46 HNE
![]() InternationalColombie Ingrid Betancourt libéréeMise à jour le mercredi 2 juillet 2008 à 23 h 25 En Colombie, Ingrid Betancourt est maintenant libre. Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a indiqué qu'une opération héliportée avait permis la libération de 15 otages: Ingrid Betancourt ainsi que trois otages américains et onze militaires colombiens. Mme Betancourt est arrivée en fin d'après-midi à l'aéroport militaire de Bogota. Sa mère, Yolanda Pulecio, et son mari, Juan Carlos Lecompte étaient présents sur le tarmac pour l'accueillir. Ingrid Betancourt semblait en bonne santé. L'ex-otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) s'est exprimée peu après sa libération: « Je veux d'abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie. » Elle a ajouté que sa libération était un « signe de paix pour la Colombie ». « C'est un miracle », a-t-elle souligné en indiquant que l'opération militaire de sa libération n'avait pas de précédent historique et s'était déroulée de façon « impeccable ». Une opération d'infiltration Le ministre de la Défense de Colombie a indiqué que des militaires avaient réussi à infiltrer des membres des FARC qui devaient garder les otages.
Ils ont ensuite trompé les FARC en leur disant qu'un des leaders du groupe avait envoyé un hélicoptère en vue de transférer 15 otages. L'hélicoptère, aux couleurs d'une fausse ONG, appartenait à l'armée colombienne. Une fois à bord de l'appareil, les membres des FARC ont été arrêtés. Selon ce que Mme Betancourt a expliqué à radio Caracol, les hommes de l'hélicoptère parlaient et étaient vêtus comme des guérilleros, certains portant même des t-shirts à l'effigie du révolutionnaire Ernesto Che Guevara. Elle a ajouté que les otages n'ont pris conscience de la ruse qu'une fois à bord de l'hélicoptère. Un des présumés guérilleros s'est exclamé: « Nous sommes de l'armée colombienne, vous êtes libres. » L'opération portait le nom de code Check, terme anglais relatif au jeu d'échecs. Une longue attente Ingrid Betancourt était détenue par les FARC depuis février 2002. Elle avait été kidnappée, ainsi que son attachée de presse Clara Rojas, alors qu'elle faisait campagne pour la présidentielle comme candidate du Parti vert. Six ans de captivitéLe fil des événements, de l'enlèvement d'Ingrid Betancourt à sa libération. Mme Betancourt possède la double nationalité française et colombienne par son ex-mari, le Français Fabrice Delloye. Des négociations intensives ainsi que des tentatives de libération par le gouvernement français ont été effectuées à plusieurs reprises. Le président français Nicolas Sarkozy en avait fait une de ses priorités en campagne électorale. La médiation du président du Venezuela, Hugo Chavez, a mené à la libération de Clara Rojas en janvier 2008. La parlementaire Consuelo Gonzalez, capturée quant à elle en 2001, avait été libérée au même moment. Les FARC sont considérées, aux États-Unis et en Europe, comme un groupe terroriste. Ses effectifs ont déjà compté 17 000 individus. Ils sont maintenant 9000 et vivent dans des zones reculées. Le mouvement, qui vit du trafic de la cocaïne, a perdu trois leaders importants au cours de la dernière année dont Manuel Marulanda. Des retrouvailles attendues En France, les enfants et la soeur d'Ingrid Betancourt ont salué avec une immense joie la nouvelle de sa libération. Toute la famille entourait le président Sarkozy lors d'un point de presse dans lequel il a précisé qu'un avion avait été mis à leur disposition pour les emmener en Colombie. L'avion a décollé en soirée. La famille est accompagnée du chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. Le fils d'Ingrid Betancourt, Lorenzo Delloye, a indiqué qu'il s'agissait « du plus beau moment de ma vie ». Sa fille, Mélanie, a remercié tous ceux qui ont rendu cette libération possible. Elle a ensuite indiqué qu'il fallait aussi continuer de lutter pour la libération des autres otages. Nicolas Sarkozy a remercié le président Alvaro Uribe et l'armée colombienne ainsi que les pays sud-américains, comme le Venezuela, et européens, comme la Suisse, « ainsi que tout ceux, qui à un moment ou un autre, ont donné un coup de main », en vue d'arriver à ce dénouement. « Il y avait une toute petite lueur d'espoir. Aujourd'hui c'est une joie immense. C'est toute la France qui est heureuse de récupérer Ingrid Betancourt », a-t-il déclaré. M. Sarkozy a aussi appelé les FARC à mettre fin à leur lutte « absurde ». Il a indiqué que la France était prête à accueillir les guérilleros qui déposeraient les armes. À l'instar de la famille, les groupes de soutien à la libération de la sénatrice ont exprimé leur joie. Le président américain George Bush a appelé son homologue colombien pour le remercier et exprimer sa « satisfaction » devant les derniers développements. De passage à Ottawa, le premier ministre français, François Fillon, a exprimé son immense soulagement et sa joie. Par ailleurs, à Québec où elle assiste au 400e anniversaire de la ville, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal a déclaré qu'Ingrid Betancourt avait un grand courage et que « si elle a su trouver en elle-même les ressorts de la survie, c'est parce que c'est une femme engagée ». Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a pour sa part appelé les FARC à libérer les autres otages sans conditions. Dans un communiqué, le gouvernement du Venezuela s'est réjoui de la libération des otages, dont Mme Betancourt. Caracas a aussi demandé aux FARC de libérer toutes les personnes qu'elles détiennent. Le Vatican, la Bolivie, le Pérou et l'Équateur ont aussi salué la libération de l'otage franco-colombienne. La présidente argentine Cristina Kirchner a déclaré « qu'il s'agissait d'une victoire de la vie et de la liberté ». Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters audio-vidéo
Catherine François rappelle l'histoire d'Ingrid BetancourtLe National: Réactions de Ségolène Royal et de Sherbrookois d'origine colombienne à la libération d'Ingrid BetancourtRDI en direct: L'entretien de Marc-André Masson avec Lionel Duroy, auteur et collaborateur du livre La rage au coeur d'Ingrid BetancourtRDI en direct: L'entretien de Marc-André Masson avec Jean-Michel Leprince et Martin Movilla sur la libération d'Ingrid Betancourt (1re partie)RDI en direct: L'entretien de Marc-André Masson avec Jean-Michel Leprince et Martin Movilla sur la libération d'Ingrid Betancourt (2e partie)RDI en direct: L'entretien de Marc-André Masson avec Fanny Hesse, du Comité de soutien à Ingrid Betancourt, sur la libération de la Franco-ColombienneRDI en direct: Jean-François Lépine sur la libération d'Ingrid BetancourtL'été du monde: L'entrevue avec Gilles Cavin, du comité canadien de soutien à Ingrid BetancourtL'entretien de Bruno Larose avec Ginette Lamarche au RadiojournalL'entretien de Bruno Larose avec Manon Globensky au Radiojournal sur les réactions à la libération d'Ingrid Betancourt.
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