La plainte de Maher Arar rejetée

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Maher Arar en janvier 2007  Photo :  PC/Tom Hanson

La Cour d'appel des États-Unis a rejeté la plainte de Maher Arar sous prétexte que l'examiner aurait conduit la justice fédérale à se mêler de sécurité nationale. Pour les défenseurs de l'ingénieur canadien, cette décision constitue un dangereux précédent.

Contester la légalité de la déportation vers la Syrie pour y être torturé n'est pas possible devant un tribunal fédéral américain, comme le Canadien Maher Arar l'a appris à ses dépens, lundi.

La Cour d'appel des États-Unis a en effet rejeté sa plainte, au motif que l'instruire aurait conduit le tribunal à se mêler d'affaires de politique étrangère et de sécurité nationale, ce qui n'est pas de son ressort.

Pour les défenseurs des droits de la personne, cette décision pourrait constituer un fâcheux précédent puisqu'elle permettrait au gouvernement américain de faire subir à n'importe quel étranger le sort de Maher Arar.

« Ils [les États-Unis] peuvent le faire à n'importe qui, à n'importe quel citoyen étranger, et se servir du processus d'immigration pour envoyer quelqu'un se faire torturer », a déclaré Maria LaHood, l'avocate d'un groupe de défense des droits de la personne représentant Maher Arar.

Maher Arar n'a pas dissimulé sa déception en apprenant ce verdict. « Il est, à juste titre, fâché de ne pas pouvoir obtenir justice, et pas seulement de ne pas pouvoir obtenir justice, mais aussi d'avoir été envoyé se faire torturer pour rien parce qu'il ne peut même pas empêcher le gouvernement de le faire à quelqu'un d'autre », a expliqué Mme LaHood.

Maher Arar, un ingénieur canadien d'Ottawa, a été arrêté en 2002 à sa descente d'avion, lors d'une escale à New York.

Associé au groupe terroriste Al-Qaïda par les autorités américaines, il a été envoyé dans une prison de Syrie, son pays d'origine, où il a été torturé.

Il a été libéré un an plus tard sans qu'aucune accusation ne soit portée contre lui. Le gouvernement canadien lui a plus tard versé un dédommagement de 10,5 millions de dollars.

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