Une semaine est passée. Une semaine depuis la fin de l'offensive contre les insurgés qui occupaient les villages d'Arghandab. Pourtant, le mystère demeure entier.
Combien étaient-ils? Combien de talibans ont réellement réussi à infiltrer la région et à reprendre le contrôle d'une poignée de villages?
Au Jour 1 de leur occupation, ils étaient 200, puis 300. Au Jour 2, leur nombre avait atteint 450, puis 600. Puis le jour de l'offensive, le commandement canadien nous répétait qu'ils n'étaient que 100 à 150.
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Noor Khan
Enfin, pour vanter le succès de l'opération, le gouverneur de Kandahar a déclaré que des centaines d'insurgés avaient été tués et blessés. Une visite guidée a même été organisée pour les médias locaux, afin qu'ils puissent voir de leurs yeux les dépouilles. Il n'y avait qu'une trentaine de corps... mais des dizaines d'autres dans les différents villages, a-t-on dit.
Et surtout, du jour au lendemain, ils n'étaient plus les talibans évadés de la prison, mais des insurgés du Pakistan.
Encore cette semaine, le chiffre a changé. Lundi, le chef de police adjoint, lors d'une même conférence de presse, a cité les nombres de 300, 400, 500. Et le surlendemain, pour convaincre la presse nationale que l'opération avait vraiment été efficace, les autorités parlaient de 500 talibans repoussés.
Morale de l'histoire, ici, la vérité change de jour en jour.
Les talibans cherchent toujours à gonfler leurs rangs pour convaincre la population de leur force.
Quant aux autorités afghanes, cela dépend du contexte. Dans les premiers jours de cette infiltration talibane, ils cherchaient à minimiser la force de leurs ennemis. Une fois l'offensive réussie, c'était le contraire: plus le nombre de talibans vaincus était imposant, plus la victoire de l'armée afghane devenait importante.
Dans cette région de l'Afghanistan, la vérité est donc bien relative. Elle devient un outil malléable dans une guerre de propagande entre les autorités afghanes et leurs adversaires talibans.
Pas surprenant que, dans la mesure du possible, le commandement canadien évite de s'aventurer sur un tel terrain.