Le vol dure à peine deux heures.
Quelques minutes suffisent, après le décollage de Dubaï, pour nous faire comprendre le dépaysement qui nous attend à destination. Le désert, petit à petit, fait place à un paysage parsemé de montagnes rocheuses, de ravins. Un paysage hostile.
La descente de l'avion se fait en spirale... Et voilà que surgit notre point de chute: la base militaire, ses barbelés, des milliers de tentes, de conteneurs, ses avions, ses hélicoptères.
Nous sommes accueillis par un soleil de plomb et une chaleur accablante.
Bienvenue à Kandahar !
Nos sacs à peine déposés dans nos tentes, la dizaine de boîtes d'équipement à peine ouvertes, nous sommes happés par la tragique réalité de la vie ici à Kandahar: la cérémonie de rapatriement de la dépouille du 84e soldat tué depuis le début de cette mission afghane.
Le capitaine Richard Leary, un jeune officier de 32 ans, a été tué mardi par des tirs des insurgés lors d'une embuscade. Il a été tué lors d'une de ces patrouilles à pied, ces patrouilles si dangereuses, mais essentielles pour gagner la confiance du peuple afghan, selon le commandement canadien.
Si les images de ces cérémonies retransmises régulièrement à la télévision sont émouvantes, rien ne se compare au lourd silence qui plane sur le millier de militaires de tous les pays réunis sur la piste de Kandahar pour dire adieu à l'un des leurs. Entre les notes de la cornemuse, on entend le deuil de ces soldats pourtant endurcis.
Voilà donc le récit de notre première journée ici.
Au cours des cinq prochaines semaines, nous essaierons de vous raconter cette mission, de vous expliquer le virage que tente d'entreprendre le Canada en Afghanistan. Un virage pour mettre l'action militaire au service de la reconstruction.
Au fil de ce carnet de voyage, je tenterai aussi de vous offrir des vignettes sur la vie ici, le travail des militaires et le travail des civils canadiens au coeur de l'effort de reconstruction...
À la prochaine donc,
Emmanuelle Latraverse