Des Birmans du comté de Shwepoughkan, en banlieue de Rangoon, marchent dans le but de trouver un abri.
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AFP/Khin Maung Win
Le Myanmar observe aujourd'hui, mardi, le premier de trois jours de deuil décrétés par la junte militaire en mémoire des quelque 78 000 Birmans qui ont perdu la vie lors du passage du cyclone Nargis, les 2 et 3 mai derniers.
Le pays observe le premier de trois jours de deuil décrétés par la junte en mémoire des quelque 78 000 Birmans tués par Nargis au début du mois. L'ONU poursuit ses pressions diplomatiques pour une aide humanitaire accrue.
Près de 56 000 autres hommes, femmes et enfants sont toujours portés disparus pour le moment, notamment dans le delta de l'Irrawady, dans le sud-ouest du pays.
Cette décision de la dictature survient alors que son principal allié, la Chine, en est elle-même à son deuxième jour de deuil en mémoire des victimes du tremblement de terre qui a frappé la province du Sichuan, catastrophe survenue 10 jours après que Nargis eut atteint le Myanmar.
Selon l'ONU, jusqu'à 2,4 millions de Birmans attendent toujours de recevoir des vivres, des abris ou des médicaments. Les efforts des organisations internationales et des pays occidentaux pour offrir de l'aide à ces gens se sont largement butés à l'obstination du régime, qui refuse de délivrer des visas à des travailleurs étrangers.
La junte, qui clame dans les médias officiels qu'elle est en mesure de répondre aux besoins malgré des preuves du contraire fournies par les médias étrangers, a toutefois accepté lundi que l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) lui vienne en aide.
De concert avec les Nations unies, l'ASEAN doit également diriger une « conférence internationale des donateurs » qui aura lieu dimanche, à Rangoon, pour soutenir les efforts de reconstruction au Myanmar, un pays déjà exsangue au terme de près d'un demi-siècle de dictature militaire.
Le sous-secrétaire général de l'ONU chargé des Affaires humanitaires, John Holmes, doit par ailleurs s'entretenir mardi avec le premier ministre birman Thein Sein. M. Holmes s'est rendu dans le delta de l'Irrawady lundi, comme doit d'ailleurs le faire le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, jeudi.
Depuis que Nargis a frappé le Myanmar, M. Ban a tenté à plusieurs reprises de joindre le numéro 1 de la junte, le général Than Shwe, mais en vain. Il a finalement dû se résigner à lui écrire pour lui faire part de ses inquiétudes face à la lenteur de l'aide humanitaire offerte aux sinistrés.
La situation actuelle, particulièrement dans la vallée de l'Irrawady, est propice à l'éclosion d'épidémies. Au fur et à mesure que les jours s'écoulent, le choléra, la fièvre typhoïde, la dysenterie, la dengue hémorragique et la malaria ne guettent que davantage les sinistrés, en commençant par les plus vulnérables.