Les violences se poursuivent

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Des barricades ont été érigées dans des quartiers de Johannesburg à la suite de confrontations avec les policiers. Des barricades ont été mises en place dans des quartiers de Johannesburg à la suite de confrontations avec les policiers.   © AFP/STRINGER

Des résidents de Johannesburg s'en prennent à des étrangers, les accusant de leur voler leur travail. Au moins 22 personnes sont mortes depuis vendredi.

Selon un nouveau bilan fourni par la police lundi, des attaques xénophobes ont fait au moins 22 morts à Johannesburg, en Afrique du Sud, depuis vendredi. Plus de cinquante personnes ont été hospitalisées. Elles ont en général été blessées par des armes à feu ou des armes blanches.

Des foules en colère s'en prennent aux étrangers des quartiers pauvres de la capitale économique du pays, les obligeant à se réfugier dans les postes de police et les églises. Au moins deux personnes ont été brûlées vives et trois autres, frappées à mort.

Les immigrants sont visés

Les manifestants reprochent aux étrangers de leur voler leur travail et d'occuper des logements déjà très rares.

La plupart sont des immigrants du Zimbabwe, du Mozambique, du Nigeria, du Pakistan et d'autres pays africains qui fuient la crise économique qui ravage leur pays depuis les dernières années.

Un étranger plie bagages sous les invectives de la foule. Un étranger plie bagages sous les invectives de la foule.   © AFP/STRINGER

Des centaines de personnes ont aussi été arrêtées, a déclaré à l'Agence France Presse un responsable des forces de l'ordre. Il a ajouté qu'il était possible que certains aient profité de la situation pour régler des comptes, puisque quelques-unes des victimes sont Sud-Africaines.

Un appel au calme

L'archevêque sud-africain et Prix Nobel de la paix, Desmond Tutu, a lancé un appel au calme.

« Je vous en prie, arrêtez. Arrêtez les violences maintenant. Nous ne pouvons pas agir ainsi. Ce sont nos frères et soeurs. » — Desmond Tutu

Par ailleurs, le président sud-africain, Thabo Mbeki, a lancé un appel à la fin des violences. Il a promis lundi que les forces de l'ordre mettraient un terme à « l'anarchie ». « Les citoyens d'autres pays d'Afrique et au-delà sont des humains comme nous et méritent d'être traités avec respect et dignité », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le président avait déjà annoncé dimanche qu'une enquête serait chargée de faire la lumière sur cette vague de violences.

Le taux de chômage en Afrique du Sud est de 40 % tandis que le taux de criminalité y est le plus élevé au monde.

Des violences contre des étrangers avaient déjà eu lieu il y a quelques mois. Des commerçants d'origine somalienne ont notamment été visés, leurs assaillants les accusant de se livrer à de la concurrence déloyale.

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