Une mère et sa fille marchent dans les rues de Beyrouth.
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AFP/Anwar Amro
La tension a baissé d'un cran à Beyrouth, la capitale du Liban, dimanche. L'armée est présente dans le nord du pays, à Tripoli, pour faire cesser les affrontements. Le répit est malgré tout relatif, car les hostilités se sont déplacées au sud-est de Beyrouth, dans le district d'Aley.
Le Liban connaît une relative accalmie, dimanche, dans les combats opposant les militants du Hezbollah aux partisans du gouvernement antisyrien. Les tensions sont néanmoins encore vives, comme en témoignent les affrontements violents dans le sud-est de la capitale et dans le nord du pays, à Tripoli.
Le conflit s'est déplacé dans les villages druzes proches de la capitale entre les partisans du chef Walid Joumblatt, représentant la majorité parlementaire, et ceux de l'émir Talal Arslan, chef druze de l'opposition, appuyé par le Hezbollah.
Les Druzes sont les habitants musulmans arabophones des régions montagneuses du Liban, de Syrie et de Palestine
Selon les dires du correspondant de Radio France International à Beyrouth, Paul Khalifeh, tout a commencé avec l'annonce par le Hezbollah de la capture de 3 de ses membres dont 2 auraient été mutilés et exécutés. Le mouvement chiite fait porter la responsabilité de ce geste au chef Walid Joumblatt. Des accrochages s'en sont suivis entre villages druzes et chiites dans le district d'Aley. Le conflit a embrasé la région pour s'étendre à une trentaine de localités, parmi lesquelles Aayat, Baysour et Choueifat.
Les combats sont très violents. Walid Joumblatt et Talal Arslan ont tous les deux appelé leurs partisans à rendre les armes.
Pour désamorcer la crise, une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe a eu lieu dimanche au Caire, à la demande de l'Égypte et de l'Arabie saoudite. Les délégués ont exhorté les belligérants à mettre fin aux violences dans les plus brefs délais.
Le calme est revenu à Beyrouth
Le Hezbollah a relâché la pression sur Beyrouth après la décision du mouvement chiite et de ses alliés de l'opposition de retirer leurs hommes armés des rues des quartiers ouest de Beyrouth, qu'ils avaient conquis vendredi.
Un porte-parole du Hezbollah a toutefois déclaré que le mouvement continuerait son action de « désobéissance civile ». Pour preuve, il y a le blocage de certaines routes, dont celle qui mène à l'aéroport international. Cela empêche les habitants de quitter le pays par voie aérienne.
Le rôle-clé de l'armée libanaise
C'est l'armée libanaise, appelée en renfort par le premier ministre Fouad Siniora, qui est arrivée à ce compromis avec le Hezbollah.
Elle a annoncé qu'elle prenait en charge l'examen du réseau de télécommunications indépendant mis en place par le Hezbollah. Ce réseau a récemment été qualifié de « violation à la souveraineté du Liban » par le gouvernement, qui souhaitait mettre sur pied une enquête.
L'armée a également annoncé que le général Wafic Choukair, responsable de la sécurité de l'aéroport et réputé proche du Hezbollah, conservera son poste. Il avait été limogé mardi par le gouvernement, à la suite de la découverte de caméras de surveillance installées par le mouvement chiite.
Ces deux événements avaient mis le feu aux poudres et marqué le début des affrontements.
Fouad Siniora tient bon
Fouad Siniora
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AFP/JOSEPH BARRAK
Le premier ministre libanais a demandé à ses compatriotes de respecter une minute de silence dimanche à la mémoire des victimes des combats des derniers jours.
Samedi, dans un discours à la nation, Fouad Siniora a dit que l'État libanais « ne tombera pas » et il a accusé le Hezbollah et ses alliés d'avoir perpétré un « coup d'État armé » contre la démocratie libanaise.
Le premier ministre, qui est sous la protection de l'armée dans ses locaux gouvernementaux, a déclaré que la démocratie au Liban a été frappée par « le poignard empoisonné du coup d'État armé mené par le Hezbollah et ses alliés ».
Les morts se multiplient
Au total, 42 personnes ont été tuées au Liban depuis le début des combats, mercredi, entre les partisans de la majorité parlementaire antisyrienne et ceux de l'opposition menée par le Hezbollah soutenu par la Syrie et l'Iran.