Un océan de différence

Michaëlle Jean et le président Nicolas Sarkozy Michaëlle Jean et le président Nicolas Sarkozy  Photo :  AFP/Philippe Wojazer

Le président français Nicolas Sarkozy a profité d'une cérémonie en mémoire des soldats canadiens morts lors de la Deuxième Guerre mondiale pour souligner l'attachement de la France au Canada et au Québec.

Le président français prononce à Bény-Reviers un discours sur son attachement au Canada, pendant qu'à Québec, l'opposition ne décolère pas à propos de l'absence de Jean Charest au lancement des festivités du 400e anniversaire de la Vieille Capitale.

En présence de la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, le chef d'État a répété à plusieurs reprises que la France est proche du Québec et qu'elle aime beaucoup le Canada.

« Vous savez que nous, on est très proches du Québec. Et je vais vous le dire: on aime beaucoup le Canada aussi. On n'oppose pas nos deux fidélités et nos deux amitiés. On les rassemble, pour que chacun comprenne que ce que nous avons en commun [...], on va le tourner vers l'avenir », a-t-il déclaré.

Parlant des 2000 soldats canadiens enterrés au cimetière de Bény-sur-Mer, Nicolas Sarkozy a souligné qu'on ne leur a pas demandé de quelle région ils venaient ni quelle langue ils parlaient.

Le président français a aussi parlé des combats communs que mènent encore aujourd'hui les deux pays. Faisant référence à la mission à laquelle les deux pays participent en Afghanistan, il a déclaré que la France et le Canada pouvaient encore lever des armées quand le besoin s'en faisait sentir. L'ennemi, a-t-il mentionné, n'est plus le nazisme, mais le terrorisme.

Nicolas Sarkozy, le premier ministre français François Fillon et d'autres membres du gouvernement français ont participé à cette cérémonie, qui a eu lieu au cimetière canadien de Bény-Reviers.

Pas de problème, selon Michaëlle Jean

Rendue à La Rochelle pour participer à la cérémonie officielle destinée à lancer les festivités entourant le 400e anniversaire de la ville de Québec, Mme Jean est brièvement revenue sur la controverse qui divise souverainistes et fédéralistes au sujet de sa présence en France.

Mme Jean a soutenu qu'il n'y avait aucun problème puisqu'elle a déjà eu des discussions avec le premier ministre du Québec, Jean Charest, et que ce dernier viendra lui-même en France à la fin de la semaine prochaine.

Au sujet des critiques selon lesquelles la présence du Canada est trop appuyée pour l'occasion, la gouverneure générale a refusé de rajouter de l'huile sur le feu. « Si on restait dans l'esprit de la fête? Je crois que ce qu'on est en train de célébrer c'est vraiment une histoire d'amitié qui est extraordinaire, qui est grande, et pour tout le monde, pour le Québec comme pour l'ensemble du Canada ».

Dans un discours prononcé mercredi soir à l'ambassade du Canada, Mme Jean est sortie deux fois de son texte. À la première occasion, elle a parlé de sa fierté personnelle en tant que Québécoise et du vaste rayonnement du Québec à l'échelle internationale; à la seconde, elle a mentionné que les autorités de La Rochelle avaient voulu faire des célébrations du 400e anniversaire de Québec un moment magique, festif et inclusif.

Charest sous le feu croisé de l'opposition

Au Québec, les deux partis d'opposition ont néanmoins critiqué une fois de plus le fait que le premier ministre Jean Charest ne soit pas allé en France pour le lancement des festivités.

Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a déclaré que M. Charest se comporte comme le « cocu content » en laissant toute la place à Mme Jean. Il a ajouté que Jean Charest et les représentants du gouvernement fédéral propagent un message révisionniste en prétendant que « le Québec a fondé le Canada », sans faire allusion à la conquête britannique.

Quant à la chef péquiste Pauline Marois, elle a affirmé que le premier ministre avait le devoir de se rendre en France pour l'occasion. Le 400e anniversaire de Québec, a-t-elle dit, n'est pas la fête du Canada mais de la Nouvelle-France et, par extension, celle du Québec.

Correspondants
à l’étranger

  • Jean-François Bélanger
    Jean-François Bélanger

    Vidéo -  L'ONU, la Russie et la Syrie

  • Alexandra Szacka
    Alexandra Szacka

    Vidéo -  François Hollande : deuxième acte

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    La malédiction du second mandat

Tous les correspondants

L'actualité en direct

    Facebook