Mobilisation internationale

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Yangon, au Myanmar Des arbres déracinés jonchent les rues de Yangon.   © AFP/Hla Hla Htay

Le bilan du passage du cyclone Nargis au Myanmar s'est encore alourdi.

Pendant que les autorités birmanes font état de 15 000 morts et de centaines de milliers de sans-abri après le passage du cyclone Nargis, plusieurs pays débloquent des aides d'urgence pour venir en aide aux sinistrés.

Selon le ministre des Affaires étrangères Nyan Win du Myanmar, cité par la télévision nationale, le cyclone a fait au moins 15 000 morts, dont 10 000 dans la seule ville de Bogalay, dans le sud du pays. Le cyclone aurait aussi fait des centaines de milliers de sans-abri. La Croix Rouge internationale affirme que des villages côtiers ont entièrement été détruits.

Des centaines de milliers de personnes n'ont aussi plus accès à l'eau potable ou à de la nourriture.

Le cyclone Nargis, qui venait du golfe du Bengale, s'est abattu sur la côte sud-ouest vendredi soir, avec des vents de 200 kilomètres à l'heure.

Le cyclone de catégorie 3 a poursuivi sa course samedi vers l'est, causant des dégâts majeurs à Rangoon, la plus grande ville de l'ex-Birmanie. Au total, cinq régions ont été déclarées en état de catastrophe naturelle. Plusieurs régions sont toujours inaccessibles par voie terrestre.

Dans la capitale, de nombreux immeubles se sont effondrés, des arbres ont été déracinés et des lampadaires jonchent les rues, paralysant complètement la ville. Lundi, les travaux de déblayage ont commencé, mais la situation est encore très difficile.

L'aide internationale s'organise

Devant cette situation, la junte militaire a finalement accepté une aide d'urgence de l'ONU, aide qu'elle avait refusée lors du tsunami de 2004. L'ONU n'a pas précisé quand cette aide sera disponible, mais indique être prête à envoyer des équipes d'experts en sinistres sur place très bientôt.

Des gens font la file pour s'approvisionner en eau potable à Yangon. Des gens font la file pour s'approvisionner en eau potable à Yangon.   © AFP/Khin Maung Win

La Croix Rouge est déjà à pied d'oeuvre grâce à des équipes qui sont déjà sur place. Ses travailleurs s'affairent présentement à distribuer des bâches en plastique pour couvrir les toits, de l'eau potable, des couvertures et des vêtements.

De son côté, l'UNICEF a déployé cinq missions d'évaluation dans la région, tandis que le Programme alimentaire mondial (PAM) a emmagasiné 500 tonnes de nourriture à Rangoun et des générateurs au Cambodge.

Plusieurs pays ont aussi décidé de se mobiliser pour venir en aide aux sinistrés. Les États-Unis ont débloqué une aide d'urgence de 250 000 $. Le département d'État affirme être en train d'évaluer les moyens pour fournir une aide supplémentaire.

La Commission européenne a débloqué une aide de 2 millions d'euros. La France fournira une aide de 200 000 euros, la Norvège 1,3 million d'euros et l'Allemagne 500 000 euros. Pour sa part, le Canada va débloquer 2 millions de dollars pour des organismes onusiens qui viennent en aide aux personnes sinistrées.

L'armée thaïlandaise a indiqué qu'elle allait acheminer des médicaments et des vivres aux sinistrés, tandis que le Japon a annoncé l'octroi de 28 millions de yens, environ 270 000 $. Pour sa part, l'Inde enverra deux navires de guerre chargés de vivres, tentes, couvertures, médicaments et vêtements.

Malgré cette catastrophe, la junte militaire a décidé de repousser un référendum sur un projet de Constitution prévu samedi pour les régions les plus touchées. Toutes les autres participeront au référendum le 24 mai.

Cette photo satellite a été prise le 15 avril dernier, quelques jours avant le passage du cyclone Nargis sur le Myanmar. Cette photo satellite a été prise le 15 avril dernier, quelques jours avant le passage du cyclone Nargis sur le Myanmar.   © AFP/NASA/MODIS
Cette seconde photo satellite prise par la NASA après le passage du cyclone montre l'ampleur de la dévastation qui a frappé la côte birmane, en particulier la région du delta, au sud du pays, principal lieu de production du riz. Cette seconde photo satellite prise par la NASA après le passage du cyclone montre l'ampleur de la dévastation qui a frappé la côte birmane, en particulier la région du delta, au sud du pays, principal lieu de production du riz.   © AFP/NASA/MODIS
Quand la nature devient meurtrièreAu cours des deux dernières décennies, les cyclones ont fait des dizaines de milliers de morts dans les régions côtières du monde entier.

  • En avril 1991, un cyclone déclenche une vaste inondation qui submerge le delta du Bangladesh, tuant environ 138 000 personnes;
  • En novembre de la même année, le cyclone Thelma tue 6000 personnes en frappant les Philippines;
  • En octobre et novembre 1998, l'ouragan Mitch heurte violemment les côtes de l'Amérique centrale, tuant 9000 personnes au Honduras et au Nicaragua;
  • En octobre 1999, un cyclone qui frappe les côtes indiennes fait au moins 10 000 morts;
  • En septembre 2004, la tempête tropicale Jeanne tue plus de 2000 Haïtiens;
  • En août 2005, les côtes américaines sont frappées par l'ouragan Katrina, tuant environ 1500 habitants de la Nouvelle-Orléans;
  • En novembre 2007, le cyclone Sidr frappe le Bangladesh et y tue plus de 4400 personnes;
  • En mai 2008, les côtes birmanes sont submergées par le passage du cyclone Nargis, faisant au moins 15 000 morts.

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