
Guerre au terrorisme
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Dans un premier temps, l'article de David Barstow a provoqué des réactions chez quelque 1100 internautes.
Sauf quelques exceptions, qui s'en prennent au journaliste ou au New York Times, la majorité d'entre eux se disent heureux de l'initiative du journaliste. Ils manifestent aussi leur déception.
Ainsi Tommy Tiger, de Floride, écrit que cela le conforte dans son opinion que les États-Unis sont un état militaire totalitaire et non une démocratie LIBRE (c'est lui qui met les majuscules). Dianne Jackson, d'Alabama, affirme que la duplicité de l'administration Bush est sans fond. « S'il existait une justice, écrit-elle, il passerait directement de la Maison-Blanche à la cellule d'une prison. »
Un autre se demande si l'argent des contribuables a servi à soumettre les Américains à un lavage de cerveau. Plusieurs internautes font référence à des livres écrits sur la manipulation des médias par les pouvoirs publics.
Si l'article du NYT a suscité de très nombreux commentaires, on peut remarquer qu'il n'a pas donné naissance à un véritable débat. Les internautes américains affirment leurs opinions, mais n'entament pas de dialogues par le biais de l'Internet.
Par ailleurs, l'ouverture d'une page de questions qu'il est possible de poser à David Barstow leur a permis d'interpeller le journaliste. Ainsi Daniel Abraham, de Long Beach, en Californie, s'étonne du temps qu'il a fallu pour publier cet article. C'est dans la réponse de David Barstow qu'on apprend que le Pentagone a tout fait, jusqu'à défier des ordres de la cour, pour l'empêcher d'avoir accès aux documents.
À une autre question, posée par Bill, de Austin au Texas, le journaliste répond qu'en menant une activité de propagande auprès du peuple américain, Washington n'a pas agi dans l'illégalité.
Et puis, la question qui revient toujours dans des cas semblables est posée par un ou une internaute qui signe NHD, du Michigan: combien cela a-t-il coûté aux contribuables? David Barstow écrit qu'il est difficile de chiffrer cette opération qui se déroule depuis des années. Mais il donne quelques exemples de coûts. Par exemple, écrit-il, quand un groupe d'analystes a voyagé en Irak en 2003, on les emmenait chaque matin du Koweït à Bagdad à bord d'un avion militaire et on les ramenait le soir par le même moyen de transport.
Enfin, Paul Woodward, de la Caroline du Nord, met en cause les grands réseaux américains. Il aurait aimé que David Barstow creuse un peu plus la question de leur responsabilité dans cette affaire. Le journaliste répond que les réseaux CBS et Fox News ont refusé de répondre à ses questions sur le recours aux analystes militaires. NBC, de son côté, a interdit à quiconque de répondre à ses questions et a émis un bref communiqué disant qu'il avait une politique claire pour lui éviter d'être en conflit d'intérêt. Quant à CNN et ABC, ces réseaux n'ont pas de politique sur les conflits d'intérêt dans lesquels pourraient se trouver les analystes auxquels ils font appel.