Après 61 ans, le changement

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Fernando Lugo, candidat de l'Alliance patriotique pour le changement, au Paraguay Fernando Lugo   © AFP/Pablo Porciuncula

Le vent de changement qui a soufflé sur l'Amérique du Sud au cours des dernières années a atteint le Paraguay, dimanche, à l'occasion d'une élection présidentielle historique.

Le Tribunal électoral annonce la victoire à la présidentielle de la coalition de gauche menée par l'ancien évêque Fernando Lugo, ce qui met fin à six décennies de règne du Parti Colorado.

Le Tribunal électoral paraguayen a en effet annoncé la victoire de la coalition de gauche menée par l'ancien évêque devenu politicien Fernando Lugo. Il a obtenu 40,8 % des voix, contre 30,8 % à la candidate du Parti Colorado, l'ex-ministre de l'Éducation Blanca Ovelar.

Peu avant l'annonce officielle de la victoire de la gauche, Mme Ovelar avait reconnu sa défaite. M. Lugo ne pouvait pas revendiquer la victoire avant la fin du décompte, cependant, en vertu de la loi paraguayenne.

Après l'annonce des résultats, Fernando Lugo s'est présenté devant la foule dans le centre d'Asuncion, sous les acclamations et les klaxons célébrant sa victoire. « Nous vous demandons de ne pas nous laisser seuls, la démocratie, nous la ferons ensemble! », a-t-il lancé.

Ce résultat marque la fin du règne sans partage, depuis 1947, du Parti Colorado sur le deuxième pays le plus pauvre du continent sud-américain. La formation conservatrice est restée au pouvoir après la fin de la dictature, l'une des plus longues et des plus sanglantes d'Amérique du Sud, il y a 20 ans.

Ainsi, tous les membres du marché sud-américain MERCOSUR, soit l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Paraguay, en plus des membres associés du Chili, de la Bolivie et du Venezuela, sont maintenant représentés par des gouvernement de gauche ou de centre-gauche.

Fernando Lugo, candidat de l'Alliance patriotique pour le changement (APC) qui a quitté la religion à la fin de 2006, a réussi, pour sa campagne, à réunir une coalition de mouvements sociaux, de syndicats, et même d'anciens membres du Parti Colorado. La base de son organisation reposait cependant sur les communautés ecclésiastiques. De nombreux prêtres et laïques l'ont aidé à faire campagne.

Blanca Ovelar, candidate du Parti Colorado au Paraguay Blanca Ovelar   © AFP/Juan Mabromata

Pour sa part, Blanca Ovelar était la première femme à briguer la présidence du Paraguay. Le général à la retraite Lino Oviedo, candidat de l'Union nationale des citoyens éthiques (UNACE), un parti de droite, complétait le tableau. Il est arrivé troisième dimanche.

D'un grand intérêt

Les quelque 2,8 millions d'électeurs paraguayens devaient choisir non seulement leur président, mais aussi le vice-président, les sénateurs, les députés et les gouverneurs de départements, tous pour un mandat de cinq ans.

Le vice-président du Tribunal électoral, Juan Manuel Morales, a précisé que le taux de participation avait été de 65 %.

Une observatrice de l'ONG Transparency International a toutefois affirmé, sur les ondes de la chaîne Telefuturo Pilar Callizo, que des cas d'achats de cartes d'identité et de distribution d'argent dans les bureaux de vote avaient été signalés.

Environ 36 % des 6 millions d'habitants du Paraguay vivent sous le seuil de la pauvreté, dans ce pays où le PIB par habitant dépasse à peine les 1800 $US. Le Paraguay est un pays essentiellement agricole, dont les principales exportations sont le coton et le soja.

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