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Haïti
![]() Photo: AFP/Thony Belizaire Un manifestant brandit une assiette vide à Port-au-Prince. |
Après avoir atteint la capitale Port-au-Prince lundi, les manifestations contre la hausse spectaculaire du prix des denrées de première nécessité n'ont pas cessé de prendre de l'envergure en Haïti.
Des milliers de personnes ont convergé vers le palais national pour réclamer des mesures immédiates de la part du gouvernement, certains brandissant des assiettes vides en guise de symbole de leur détresse.
Des échauffourées ont mis aux prises des manifestants et des Casques bleus déployés, avec leurs blindés, aux abords du siège du gouvernement, à la demande du président René Préval.
Quatorze personnes ont été blessées par des balles en caoutchouc, dont douze manifestants, au moment où ils tentaient de pénétrer sur le site du palais national. Les deux autres blessés sont des journalistes. La ville a été paralysée, les commerces et les écoles sont restés fermés.
Les Casques bleus ont également repoussé des manifestants qui se dirigeaient vers l'aéroport international de Port-au-Prince.
Nombre d'entre eux réclament à la fois le départ de René Préval et celui de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) à qui ils reprochent de s'être trop focalisée sur les enjeux politiques, négligeant le problème de la pauvreté.
Les prix explosent
Les prix des produits alimentaires ont flambé en une semaine en Haïti où, à titre d'exemple, un sac de 55 kg de riz, la nourriture populaire, est passé de 35 à 70 $US. Or, 80 % de la population haïtienne vit avec moins de 2 $ par jour.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a prévenu la semaine dernière que la crise alimentaire pourrait menacer la fragile démocratie haïtienne.
La vague de mécontentement populaire avait pris son élan aux Cayes jeudi et vendredi derniers, avant de s'étendre dans tout le pays. Les émeutes ont fait jusqu'ici cinq morts et une quarantaine de blessés.
Le gouvernement soupçonne une partie des émeutiers d'être manipulés par des trafiquants de drogue et des partisans du rebelle en fuite Guy Philippe, lui-même recherché par les États-Unis pour trafic de stupéfiants.
De nombreux manifestants réclament par ailleurs le retour du président en exil Jean-Bertrand Aristide, forcé de quitter le pouvoir en février 2004.
Lundi, des milliers de ses sympathisants se sont réunis dans le bidonville de Cité Soleil, à l'appel du révérend Gérard Jean-Juste, l'un des principaux alliés de M. Aristide.
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Lisez notre article sur les craintes exprimées par la Banque mondiale et les Nations unies quant aux troubles sociaux qui pourraient être causés par la flambée des prix des denrées alimentaires de base. |
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters