Manifestation à Port-au-Prince contre le coût de la vie
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AFP/Thony Belizaire
La hausse mondiale des prix des denrées de base et des combustibles utilisés pour la cuisson frappe durement Haïti, un des pays les plus pauvres de la planète, où les manifestations se succèdent pour dénoncer la situation.
Les manifestations contre la hausse du coût de la vie qui se poursuivent dans tout le pays ont fait jusqu'ici cinq morts.
Plus de cinq personnes ont été tuées par balle et une trentaine ont été blessées depuis mercredi, selon un bilan non officiel dont fait état l'Agence France Presse.
La dernière victime a été abattue lundi aux Cayes, à 190 kilomètres au sud de la capitale, où des milliers de personnes manifestaient devant la résidence d'un parlementaire. La provenance du tir demeure inconnue.
À Port-au-Prince, un étudiant a été gravement blessé lors d'une manifestation monstre rassemblant des milliers de jeunes venus des quartiers pauvres de la capitale, devant le palais présidentiel. Les manifestants adressent leurs reproches au gouvernement, mais aussi à l'ONU qu'ils accusent de ne rien faire.
« La misère est atroce en Haïti. Il y aura des émeutes de la faim dans les prochains jours », a averti un homme haranguant la foule de manifestants, rapporte l'AFP.
Le premier ministre Jacques-Édouard Alexis a lancé un appel au calme sur les ondes de Radio Métropole et a averti les manifestants que leur violence ne faisait qu'empirer la situation.
Le premier ministre avait déjà annoncé, dans la foulée de premières émeutes aux Cayes, jeudi et vendredi, le déblocage de plusieurs millions de dollars pour des investissements visant à alléger le coût de la vie.
Quatre personnes avaient été tuées lors des événements et 20 autres, blessées. Des véhicules de l'ONU avaient été incendiés, des casques bleus attaqués et un entrepôt, où étaient stockés des vivres, pillé par des Haïtiens en colère.
Selon le directeur du Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM), la hausse mondiale des prix alimentaires fait en sorte que de plus en plus de gens ne peuvent s'acheter de la nourriture, malgré sa disponibilité. À titre d'exemple, en Haïti, un kilo de riz coûte aujourd'hui, en moyenne, 50 % de plus qu'il y a à peine un an.
Les émeutes à Haïti sont loin d'être un cas unique. Des troubles liés au prix de la nourriture et du carburant ont récemment éclaté au Burkina Faso, en Égypte, en Indonésie, en Côte d'Ivoire, en Mauritanie, au Mozambique et au Sénégal.