L'opposition triomphaliste

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Morgan Tsvangirai Morgan Tsvangirai, lors de la conférence de presse du 5 avril 2008   © AFP/Alexander Joe

Le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, se déclare vainqueur de l'élection présidentielle même si le résultat de ce scrutin n'a pas encore été dévoilé. Son parti appelle l'ONU à intervenir pour empêcher la violence dans le pays.

Au Zimbabwe, le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai a déclaré samedi qu'il était le vainqueur du scrutin présidentiel des élections générales du 29 mars. De plus, il a garanti la sécurité du président sortant Robert Mugabe en cas de changement de régime.

Jusqu'à présent, la commission électorale nationale n'a publié que les résultats des élections législatives, organisées en même temps que la présidentielle. Robert Mugabe a perdu sa majorité parlementaire.

Le régime du président Mugabe a souvent été critiqué pour d'importantes violations des droits de la personne. D'ailleurs, Morgan Tsvangirai avait été battu l'an dernier, avant un rassemblement contre le chef de l'État.

Des résultats qui tardent à venir

L'opposition continue à presser le tribunal d'ordonner à la commission électorale de dévoiler les résultats du scrutin présidentiel, une semaine après sa tenue.

Néanmoins, le parti de Robert Mugabe, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF), a annoncé vendredi la tenue d'un second tour à l'élection présidentielle. Il opposerait le président sortant au chef de l'opposition Morgan Tsvangirai.

La date du second tour n'a pas été fixée. Le ZANU-PF devrait également contester les résultats des élections législatives dans 16 circonscriptions.

Des observateurs indépendants ont affirmé qu'aucun candidat n'a obtenu la majorité au premier tour. Au pouvoir depuis 28 ans, Robert Mugabe aurait été devancé par le candidat du Mouvement démocratique pour le changement (MDC) Morgan Tsvangirai. Le MDC accepte toutefois de participer à un second tour.

Appel pressant à l'ONU

L'opposition a appelé samedi les Nations unies à intervenir pour empêcher toute violence dans le pays. Elle redoute que le président Mugabe utilise la force pour se maintenir au pouvoir.

Devant la presse, le chef de l'opposition a déclaré que le parti du président prépare une guerre contre le peuple zimbabwéen.

Un avocat de l'opposition a indiqué que des policiers armés ont empêché samedi quiconque de pénétrer dans les locaux de la haute cour du Zimbabwe pour exiger en référé la publication des résultats de l'élection présidentielle.

Un porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, a fait état d'autres signes inquiétants. Parmi ceux-ci, notons une manifestation d'intimidation d'anciens combattants de la guerre d'indépendance tenue vendredi à Harare, l'arrestation par des policiers en tenue de combat de journalistes étrangers et des perquisitions dans des locaux de l'opposition.

« Ils essaient d'intimider les gens, ils essaient de mettre en place les conditions pour déchaîner la violence. [...] Nous ne pouvons pas rester seuls. Nous avons besoin de l'aide de la communauté internationale. » — Nelson Chamisa

La presse harcelée

Les autorités zimbabwéennes ont refusé d'accréditer la plupart des journalistes étrangers pour la couverture des élections générales de la semaine dernière. Elles ont dit qu'elles se montreraient sévères envers les contrevenants.

Le correspondant du quotidien New York Times, Barry Bearak, et un journaliste britannique ont d'ailleurs été arrêtés jeudi dans un petit hôtel de Harare. Ils ont été accusés par la police de violation de la très stricte législation sur les médias.

Les avocats des journalistes étrangers ont annoncé samedi qu'ils saisissaient un tribunal de Harare pour demander leur remise en liberté.

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