Une manifestation aux Cayes
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AFP/Thony BELIZAIRE
Dans le sud-ouest du pays, des manifestations contre la hausse des prix ont dégénéré en émeute dirigée contre le personnel de l'ONU. Trois personnes sont mortes, dont une aurait succombé au tir de soldats onusiens.
Trois morts et 25 blessés, c'est le bilan provisoire des émeutes qui secouent la ville des Cayes, dans le sud-ouest de Haïti, depuis deux jours.
Jeudi, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues afin de protester contre la hausse des prix, dont les effets se font particulièrement sentir dans cet État, l'un des plus pauvres du continent américain.
Les manifestations ont dégénéré après que des Haïtiens eurent incendié des magasins, tiré sur des soldats de l'ONU et pillé un entrepôt onusien de la MINUSTAH (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti).
Les causes du décès de deux victimes n'ont pas été établies. La troisième personne, un jeune homme, a perdu la vie après avoir été atteint d'une balle à la tête.
Les soldats de l'ONU mis en cause
Les circonstances exactes de la mort de ce jeune homme sont encore inconnues, mais des manifestants accusent les soldats des Nations unies d'avoir tiré sur lui.
Sophie Boutaud de la Combe, porte-parole de l'ONU, a indiqué que les soldats ont riposté après avoir eux-mêmes essuyé des coups de feu. Elle a précisé qu'une enquête interne avait été ouverte.
Environ 9000 militaires et policiers sous commandement brésilien sont déployés dans le cadre de la mission de l'ONU en Haïti. Une centaine d'hommes supplémentaires ont été envoyés en renfort, selon Mme Boutaud de la Combe
Inflation
Les prix de l'alimentaire ont connu une forte augmentation ces derniers mois en Haïti, contribuant à dégrader encore un peu plus le pouvoir d'achat des Haïtiens. Le prix du kilo de riz a, par exemple, grimpé de 50 % en moins d'un an.
Les émeutes des Cayes illustrent le mécontentement et la déception de la population vis-à-vis du gouvernement du président René Préval.
Élu en 2006, M. Préval incarnait la promesse du changement et de la stabilité après les années de turbulence sous la présidence de Jean-Bertrand Aristide.